Bruno du Bus de Warnaffe, Director Puilaetco

L'économie mondiale : inflation ou ralentissement de la croissance économique?

L'économie mondiale devrait continuer à afficher une croissance soutenue en 2006, essentiellement grâce aux pays asiatiques et aux Etats-Unis. Le Japon poursuit son redressement et la zone euro affiche un taux de croissance en progression mais encore fragile car dépendant de facteurs externes (impact du dollar sur les exportations allemandes, ...). Dans la seconde partie de l'année, un ralentissement modéré de la croissance aux Etats-Unis est escompté en raison de l'impact progressif de la remontée des taux d'intérêt courts et du tassement de l'activité immobilière. Nous n'attendons pas une forte contraction de l'activité économique américaine au second semestre et au début de l'année prochaine. Les principaux risques potentiels (bulle immobilière, ...) sont actuellement gérés comme il se doit.

En ce qui concerne l'inflation, les indices de base sont en hausse essentiellement en raison du prix des matières premières dont, évidemment, l'impact des produits énergétiques. Hors ces éléments, l'inflation reste contenue et ne constitue pas une réelle menace, mais l'élément "psychologique" (l'inflation "perçue" est supérieure à l'inflation réelle) est à prendre en considération car elle conditionne malgré tout la propension à consommer.

Les autorités monétaires, surtout américaines, devront gérer la hausse des taux courts en fonction de deux éléments : juguler les tensions inflationnistes à court terme sans handicaper la poursuite de la croissance conjoncturelle. Les craintes actuelles du marché sont, notamment, d'avoir la superposition de ces deux éléments. Nous pensons que ces craintes sont exagérées. A court terme, la gestion de l'inflation entraînera probablement encore deux relèvements des taux courts, la Fed pouvant donner un message clair par la suite en abaissant son taux de base de 25 points de base, ce qui sera sain pour l'activité économique.

Il ne faut toutefois pas perdre de vue que, hors évolution du prix des matières premières, nous restons dans un environnement international largement désinflationniste.

L'euro: au-dessus ou en-dessous de 1,30 dollar pour 1 euro?

Une fourchette de fluctuation de l'ordre de 1,25 à 1.30 est actuellement retenue pour la période retenue en raison du différentiel de taux d'intérêt, et de croissance économique. Mais, fondamentalement, le dollar devrait s'effriter à terme face à la devise européenne en raison des éléments fondamentaux bien connus (déficits, rééquilibrage des réserves monétaires à l'échelle mondiale, ...).

Le BEL20: vers les 3.000 ou vers les 4.000 points?

A court terme, la volatilité persistera dans les marchés. Le Bel-20 n'échappera pas à la tendance. D'ici la fin de l'année, il devrait se redresser. La sous-évaluation actuelle et immédiate du marché est de l'ordre 5%. Compte tenu de son caractère financier (40% de l'indice), le Bel-20 réagira notamment en fonction des perspectives d'évolution des taux d'intérêts. Mais, il dispose également d'un effet de levier lié au processus de fusions et acquisitions et ce dans différents secteurs (finance, télécommunication, Suez, ...). Sa valorisation est raisonnable et sa rémunération (rendement) reste attractive.

L'or: vers les 500 ou vers les 750 dollars l'once?

Il devient difficile d'établir des pronostics sur l'or en raison du poids de plus en plus important des investissements financiers. Deux "trackers", détenaient il y a peu près de 25% de la demande globale d'or... La spéculation financière entraîne une volatilité significative, encore plus clairement perceptible depuis quelques semaines (plus de 10% de baisse depuis la mi-mai). Fondamentalement, la demande émanant de ses principaux clients (bijouterie, dentisterie, ...) reste importante, de même que celle émanant des banques centrales (diversification des réserves monétaires, ...). Un investissement en or doit plus être considéré comme une protection face à la faiblesse du billet vert que comme valeur refuge face aux craintes géopolitiques et/ou inflationnistes.

Le pétrole: vers 50 ou 90 USD/le baril?

Le prix du pétrole devrait se maintenir à un niveau historiquement élevé. Compte tenu de l'expansion économique asiatique et des éternelles craintes géopolitiques (Proche et Moyen Orient, ...), le cours pourrait continuer à progresser. Cela ne signifie pas pour autant que l'inflation devrait continuer à se tendre fortement (il convient en effet de raisonner en glissement annuel). Pour l'investisseur boursier, il convient de prendre en considération des secteurs (services pétroliers, ...) qui profiteront plus de cette tendance que les groupes pétroliers traditionnels, du moins pour une partie des positions dans le secteur.

Les taux à 10 ans: plus haut ou plus bas?

Compte tenu des attentes en matière de taux courts des deux côtés de l'Atlantique, le rendement sur les taux longs devrait quelque peu se tendre, mais de manière modérée. Par rapport à la situation actuelle, nous escomptons une hausse limitée à 25 voire 50 points de base.

La stratégie d'investissement à adopter: défensive ou dynamique?

La stratégie reste défensive. La volatilité devrait persister au cours des prochaines semaines, voire des prochains mois. Mais cela ne remet pas en cause la tendance boursière fondamentale à moyen ou long terme : on n'est pas entré dans un marché baissier. Cette volatilité génère des opportunités dont il convient de profiter. La partie action ne doit pas nécessairement être renforcée actuellement, surtout si l'investisseur n'a pas pris préalablement son bénéfice avant ou au début de la baisse. Par contre, une partie du portefeuille peut être réorientée vers des valeurs ou des secteurs ayant été anormalement matraqués : certaines financières, des holdings, des industrielles, ... Tout regain du marché peut être l'occasion d'alléger les positions, particulièrement dans les secteurs dont la sensibilité boursière est importante pour arbitrer sur réaction vers des secteurs plus défensifs ou sous-évalués. La faible valorisation (décote importante par rapport à l'actif net, faible rapport cours/bénéfices, ...) et les valeurs de rendement restent privilégiées.

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