Chirac sera convoqué par la justice en juin prochain

Le président français Jacques Chirac, qui quittera ses fonctions le 16 mai, sera convoqué par la justice après la mi-juin sur une affaire d'emplois fictifs datant de l'époque où il était maire de Paris, a-t-on appris jeudi de sources judiciaires.M. Chirac sera entendu sous un statut restant à déterminer à une date qui n'a pas encore été fixée par le Tribunal de grande instance de Nanterre, près de Paris.

(afp) M. Chirac pourrait ainsi être le premier ancien président de la République à devoir rendre des comptes dans des affaires judiciaires.L'entourage de M. Chirac a déclaré jeudi n'avoir "aucun commentaire" à faire sur des informations "non sourcées".Le président français, 74 ans, a annoncé dimanche qu'il ne briguerait pas un 3e mandat, après 12 ans comme chef de l'Etat.Depuis les années 1990, le nom de Jacques Chirac a été régulièrement cité dans des affaires judiciaires mais le chef de l'Etat était protégé par son immunité présidentielle, qui court pendant encore un mois après son départ du pouvoir.Ces "affaires", dans lesquelles plusieurs de ses proches ont déjà été condamnés, concernent la période durant laquelle M. Chirac fut maire de Paris (1977/1995) et chef de l'ex-parti RPR, avant qu'il n'accède à la présidence.Le dossier à l'instruction à Nanterre concerne des emplois fictifs qui auraient été payés par le cabinet du maire, au bénéfice de proches du RPR.La loi française prévoit qu'une personne impliquée dans une affaire judiciaire peut être entendue sous trois statuts: le témoin simple sur qui ne pèse aucune charge, le mis en examen (inculpé) sur qui pèsent des indices graves et concordants, et le témoin assisté, statut intermédiaire entre les deux précédents et qui permet notamment l'assistance d'un avocat.Selon l'International Herald Tribune de jeudi, qui cite deux juges ayant requis l'anonymat, M. Chirac sera "probablement" convoqué comme témoin assisté en juin prochain.Une source judiciaire interrogée par l'AFP a estimé qu'une convocation comme témoin assisté était "l'hypothèse la plus probable" mais sans aucune certitude.

Dans cette affaire, l'ex-Premier ministre Alain Juppé, un proche de M. Chirac, avait été condamné en 2004, en première instance, pour "prise illégale d'intérêt", à 18 mois de prison avec sursis et 10 ans d'inéligibilité, peine ramenée à 14 mois avec sursis et un an d'inéligibilité en appel.Ses cinq coprévenus avaient été condamnés à des peines de sursis.Plusieurs autres affaires ont été jugés ou refermées, comme celle des "frais de bouche" du couple Chirac à la Mairie de Paris, évalués à plus de 2 millions d'euros, qui a fait l'objet d'un non-lieu.Certains proches de Chirac ont été condamnés par la justice, dont son ex-bras droit à la mairie Michel Roussin, qui vient d'écoper de quatre ans de prison avec sursis dans une affaire de marchés publics truqués en région parisienne. M. Roussin avait alors clamé être un "bouc-émissaire".M. Chirac avait été plongé en 2000 au coeur de ces scandales financiers quand un promoteur, Jean-Claude Méry, avait démonté dans une cassette posthume le système de collecte de fonds du RPR. Il y affirmait même que M. Chirac avait été présent, en 1986, lors d'une remise d'argent liquide.

Des commentateurs ont estimé que M. Chirac ne pouvait pas ne pas être au courant du "système" de financement de son parti.M. Chirac avait à l'époque balayé toutes les accusations, en utilisant l'adjectif d'"abracadabrantesque".En septembre, un magistrat proche de M. Chirac avait été nommé au poste clef de procureur général de Paris. La gauche avait dénoncé ce choix comme visant à préserver M. Chirac de toute éventuelle poursuite judiciaire après la fin de son mandat.

Photo Belga

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