Congrès: la numérisation pour la plus grande bibliothèque du monde

La numérisation de la Bibliothèque du Congrès à Washington, en marche depuis 12 ans, donne une nouvelle jeunesse à la plus grande bibliothèque du monde, qui s'ouvre à un public plus nombreux avec une vitrine d'images et de documents sur la toile.

(afp) "Nous n'avons numérisé qu'une petite partie de l'iceberg et nous n'aurons probablement jamais fini", explique Beth Dulabahn, une des responsables de cette initiative à la Bibliothèque du Congrès.

Quelque 11 millions de documents ont été numérisés mais cela représente à peine 10% des 134 millions de livres et documents emmagasinés sur les 853 km d'étagères de l'immense bibliothèque, créée en 1815. Pour contourner l'épineuse question des droits d'auteur, la Bibliothèque a d'abord choisi de ne numériser que les documents tombés dans le domaine public, souvent publiés avant 1923. Et pour toucher sur le net un plus large public que les chercheurs, elle a surtout sélectionné "des objets uniques", des photos, des manuscrits fameux, des cartes.

Ces collections (sur le site www.loc.gov) sont présentées sous différentes vitrines, comme l'"American Memory" --des dossiers sur l'histoire américaine-- et le "Global Gateway", où des bibliothèques étrangères, comme la Bibliothèque nationale de France, sont mises à contribution. "Cela a été un changement philosophique pour nous. Nous avons élargi notre public, jamais nous n'aurions pensé toucher ce genre de personnes, des professeurs, des enfants, des élèves", s'étonne Mme Dulabahn. Alors que la Bibliothèque du Congrès reçoit près de deux millions de visiteurs par an dans sa salle de lecture, autant de pages sont consultées sur son site en un jour. "Donner un accès par internet est vraiment démocratique. C'est comme une libération qui fait réagir les utilisateurs avec beaucoup plus d'engagement", souligne Jeremy Adamson, qui dirige notamment le département images. Il raconte par exemple recevoir des emails en retour, corrigeant les légendes de certaines photographies historiques, comme récemment le nom de villages russes immortalisés avant la Révolution de 1917, qui selon des internautes auraient été mal identifiés.

Dans une petite pièce sombre, la technicienne d'une entreprise sous-traitante époussette avec minutie une grande gravure, placée à plat sous une caméra numérique qui prend 15 clichés de l'image pour l'enregister numériquement. Parce que le document est grand et en couleurs, le processus prend plus de 20 minutes mais d'ordinaire le rythme d'une journée de travail permet de numériser entre 75 et 200 pages ou documents. Depuis 1994, la Bibliothèque du Congrès a dépensé 160 millions de dollars pour la numérisation, sans compter 38 millions de dollars de fonds privés. Des contrats sont conclus avec des partenaires privés, sans exclusivité.

Google, qui se veut en pointe sur la numérisation de masse, a aussi mis un pied à la Bibliothèque du Congrès en scannant 5.000 livres tombés dans le domaine public et 18.000 documents d'audition du Congrès. L'éditeur scolaire Thomson Gale va numériser tous les annuaires téléphoniques de 1925 à 1974, une initiative qui peut paraître d'un intérêt limité. "Enormément de gens, passionnés de généalogie, sont intéressés par de telles données. Quant à nous, nous ne voulons pas dépenser de l'argent à numériser des bottins ! ", explique Jeremy Adamson. Parallèlement au transfert des documents du passé sur un support numérique, la Bibliothèque du Congrès numérise sur un autre front en s'attachant à conserver des sites du web, alors que les informations sur le net ont une espérance de vie très courte. Les élections américaines, les Jeux Olympiques, le cyclone Katrina et les blogs iraniens sont les quatre premiers chantiers de de préservation du net.

Photo Belga

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