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Françoise Bernard, Head of strategy, Global Makets, Fortis Banque

L'économie mondiale : inflation ou ralentissement de la croissance économique?

On assiste depuis le début des années 2000 à une accélération de la croissance mondiale, initialement sous l'impulsion des économies chinoise et indienne, dans le sillage desquelles sont venues s'inscrire les économies anglaise, américaine, japonaise et européenne. Pour les 6 à 12 mois à venir, cette tendance positive devrait se maintenir car tant du côté des économies émergentes (Chine & Inde) que du côté des économies traditionnelles (USA, EM, UK et Japon) aucun signe important de ralentissement n'est à craindre. Ceci suggère une croissance économique mondiale oscillant, en variation annuelle, entre 3% et 3.5% d'ici mi-2007. En termes d'inflation, jusqu'à présent seule la Chine semble épargnée par les pressions haussières initiées depuis 2004 par deux bonds consécutifs de 20 $ du prix du baril. Ajoutons à cet égard, que toute augmentation intempestive de l'inflation constituerait un danger certain pour la croissance économique mondiale, car elle amènerait tout naturellement les banques centrales à durcir davantage leur politique monétaire respective.

L'euro: au-dessus ou en-dessous de 1,30 dollar pour 1 euro?

D'un point de vue économique, la chute du dollar n'est plus à prouver. Les Etats-Unis continuent de souffrir de déséquilibres financiers hors du commun avec un déficit de la balance commerciale proche de 670 milliards de dollars US. En d'autres termes, l'économie américaine exsangue de son épargne domestique se voit perfusée par des capitaux en provenance d'investisseurs étrangers. Par conséquent, le monde de la finance est potentiellement plus vendeur de dollars qu'il n'est acheteur. En effet, du côté de la balance courante son déficit s'est passablement dégradé, en passant d'environ 2% du produit intérieur brut en 1999 à plus de 7% en ce début d'année. Vu sous cet angle, la voie du dollar est toute tracée, par définition elle est baissière !

Néanmoins, cette tendance de fond n'est pas un " aller simple ", comme nous avons pu l'observer en 2005 où le renforcement du dollar a été initié par un différentiel de taux d'intérêt en sa faveur.

Le BEL20: vers les 3.000 ou vers les 4.000 points?

Nous préférons rester prudents sur le marché des actions car la correction du BEL20 entamée depuis mai pourrait persister jusqu'en septembre ou octobre prochain. Selon cette perspective, il envisageable que l'indice phare belge revisite des niveaux proches des 3000 points, voire même en dessous. En effet, l'attention des investisseurs reste concentrée sur des facteurs défavorables aux marchés des actions tels que : plus d'inflation ; moins de croissance économique ; des taux monétaires plus élevés ; davantage de révisions à la baisse des prévisions bénéficiaires. Il faut ajouter à cela, le risque de réduction des capitaux étrangers investis sur les marchés d'actions européens. Par exemple, les investisseurs japonais, qui ont eu accès à un coût de financement dérisoire, (taux d'intérêt proche de 0%) ont particulièrement tiré profit de cette situation exceptionnelle pour investir des montants importants en actions. A l'évidence, la décision de la banque centrale du Japon de réduire la masse monétaire en circulation va durcir naturellement les conditions d'accès au crédit et à fortiori rendra moins attractif ce type transactions appelées en jargon financier " carry trades ".

L'or: vers les 500 ou vers les 750 dollars l'once?

L'ascension depuis septembre 2005 du prix de l'or s'explique en partie par le rôle de valeur refuge que lui attribuent habituellement les investisseurs lorsque leurs craintes d'inflation se font plus pressantes et/ou qu'ils prévoient un repli important du dollar. Avec le recul, même si nous avons eu confirmation des attentes relatives à ces deux facteurs, celles-ci ne peuvent justifier à elles seules tout le mouvement haussier du prix de l'or. A cet égard, nous devons mettre en évidence certains fondamentaux propres au secteur de l'or. En effet, l'achat d'or (physique) par la Chine, l'Inde et certains pays du Moyen- Orient pour la production de bijoux a fortement augmenté, alors que ces dernières années l'extraction et l'exploration minières sont clairement en déclin. Vu sous cet angle, tout laisse croire que l'or n'a définitivement pas terminé son ascension, quand bien même certaines corrections peuvent se produire.

Le Pétrole: vers 50 ou 90 USD/le baril?

Sur un horizon de 6 à 12 mois, les perspectives d'une croissance économique mondiale ne plaident pas en faveur d'un repli du prix du baril. En effet, alors que la demande exprimée par les économies émergentes (Chine et Inde) restera soutenue, la consommation de pétrole des économies traditionnelles, actuellement en phase de consolidation, va monter en puissance. Du côté de l'offre, les capacités de production et de raffinage limitées posent toujours problème, tandis que les tensions géopolitiques ne fléchissent pas significativement, même si une accalmie semble pointer le bout de son nez. Ajoutons également que le pétrole devrait encore être perçu par certains investisseurs (en particulier les hedge funds) comme un moyen alternatif d'investissement, accentuant dès lors une tendance haussière du prix de l'or noir.

Les taux à 10 ans : plus haut ou plus bas?

Economiquement parlant, le niveau actuel des taux d'intérêt gouvernementaux à 10 ans est trop bas. En effet, si le niveau théorique des taux à 10 ans résulte des attentes de croissance et d'inflation pour les 12 mois à venir, il ne fait aucun doute que des taux en dessous de 4% ne les reflètent pas. On estime approximativement ce niveau théorique aux alentours des 4.20%. Ceci étant dit, d'autres facteurs (excès de liquidités mondiales, corrections sur le marché des crédits et des actions, incertitudes géopolitiques, etc) peuvent favoriser l'émergence de forces contradictoires qui maintiennent les taux d'intérêt à des niveaux exceptionnellement bas. Nous restons convaincus que ces facteurs continueront à jouer un rôle prépondérant pour la formation des taux d'intérêt à long terme. Corollairement, la volonté clairement exprimée par les banques centrales de lutter contre l'inflation en maintenant des politiques monétaires restrictives contribuera aussi à limiter toute tendance haussière sur les rendements obligataires.

La stratégie d'investissement à adopter: défensive ou dynamique?

Compte tenu des incertitudes latentes, nous suggérons d'adopter une stratégie plutôt défensive. Poursuivant le raisonnement, tout rebond temporaire pourrait constituer une opportunité attractive pour réduire des positions d'investissement en actions. En terme sectoriel, alors que nous conseillons de réduire l'exposition sur les secteurs cycliques ( Basic resources, chemicals, construction et Industrials) qui pourraient souffrir d'éventuels chiffres économiques décevants, nous préférons par contre, sur pondérer les secteurs des soins de santé, assurance, média et énergie. Pour terminer, nous resterons neutres par rapport aux secteurs bancaire, technologique et telecom.

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