Irak: 70 soldats américains tués depuis le début d'avril

Septante soldats américains ont été tués depuis le début du mois d'avril en Irak, où l'armée américaine poursuit le déploiement de renforts, sur fond de polémique autour de la construction d'un mur controversé à Bagdad.

(afp) Le commandement américain a annoncé mardi la mort de neuf soldats dans un attentat suicide à la voiture piégée la veille près d'une base dans la province de Diyala (nord), l'attaque la plus mortelle depuis 15 mois dans les combats au sol.Vingt soldats américains et un civil irakien ont été blessés dans cet attentat. Quinze militaires ont pu reprendre leur service après avoir subi des soins sur place, selon un communiqué.Dans une autre attaque commise le même jour, un soldat américain a péri dans l'explosion d'un engin artisanal près de sa base à Moqdadiyah (100 km au nord de Bagdad), dans la même province.

Ces décès portent à 3.330 le nombre de soldats et personnels assimilés américains tués en Irak depuis l'invasion de mars 2003, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres du Pentagone.Le 1er décembre 2005, dix Marines avaient été tués et 11 blessés par l'explosion d'un engin artisanal près de Falloujah (ouest), ancien bastion de rebelles sunnites. Il y a trois mois, douze militaires américains avaient trouvé la mort quand leur hélicoptère avait été abattu, également à Diyala.Cette province est le théâtre de violents combats qui opposent les forces américaines aux insurgés, renforcés par des combattants du réseau terroriste Al-Qaïda ayant quitté Bagdad depuis la mise en place du plan de sécurisation de la capitale le 14 février.De nouveau attentats ont ensanglanté le pays et en particulier Bagdad au cours des dernières semaines, en dépit de ce plan qui prévoit le déploiement de 80.000 militaires américains et irakiens d'ici à juin.Deux nouvelles bombes ont explosé mardi sur un parking en face de l'ambassade d'Iran au centre de Bagdad, près de la zone verte ultraprotégée, au lendemain de l'explosion de deux voitures piégées au même endroit qui avaient fait un blessé.

La journée de lundi avait été marquée par au moins sept attentats ayant fait au minimum 27 morts irakiens à travers le pays.Ces violences surviennent sur fond de polémique autour de la construction par les forces américaines d'un mur en béton dans le quartier sunnite d'Adhamiyah à Bagdad, censé protéger sa population contre les violences communautaires. Une initiative dénoncée par des habitants et des députés irakiens.Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Irak, Ryan Crocker, a défendu lundi la construction de barrières de sécurité dans divers endroits de la capitale, estimant que le but n'était "évidemment pas de faire de la ségrégation entre les communautés".Selon l'armée américaine, le mur d'Adhamiyah est destiné à empêcher d'éventuels escadrons de la mort chiites de commettre des attentats pour faire fuir les sunnites du quartier, mais aussi les insurgés sunnites d'utiliser cette poche comme base pour commettre des attaques dans les quartiers chiites.

A Washington, un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman, a affirmé que la construction du mur d'Adhamiyah était "une mesure temporaire qui a été coordonnée avec divers responsables irakiens pour empêcher des attaques".Le général irakien Qassim Atta a estimé que cette affaire avait été "exagérée par les médias" et prévenu que la construction de barrières se poursuivrait comme prévu.En revanche, des habitants de la capitale ont dénoncé cette "ségrégation" lundi lors d'une manifestation qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes à Adhamiyah, l'une des dernière enclave sunnite dans l'est chiite de Bagdad.

Photo belga

Publicité
Publicité

Echo Connect