Jean-Paul Betbèze, Chef économiste du groupe Crédit Agricole SA, Benjamin Melman, Chef Stratégiste de CAAM

L'économie mondiale : inflation ou ralentissement de la croissance économique?

Nous sommes vraisemblablement entrés dans une phase de ralentissement de l'économie mondiale, à partir des Etats-Unis de manière assez normale mais au fond acceptée, de manière davantage souhaitée en Chine. En même temps les prix des matières premières montent - pétrole en premier lieu, mais aussi les salaires. Le risque inflationniste est alors plus présent, mais ceci d'autant plus que la croissance sera plus faible. Les profits pourraient alors être pincés et l'idée de " compenser par les prix " temporairement plus forte. Ce qu'il faut examiner, c'est donc ce qui se passe sur le front de la croissance, avec l'idée d'un ralentissement seulement graduel, tant la dynamique asiatique est forte.

L'euro: au-dessus ou en-dessous de 1,30 dollar pour 1 euro?

Cette valeur est évidemment importante pour les marchés auxquels elle pourrait servir de sorte de point de ralliement. Mais le vrai plafond est plutôt 1,35, parce que la croissance européenne, au demeurant modeste et en voie d'accélération, serait menacée.

Le pétrole: vers 50 ou 90 USD/le baril?

Comptez plutôt vers 50 à moyen terme, sauf choc géopolitique bien sûr.

Les taux à 10 ans : plus haut ou plus bas?

Plutôt plus haut, mais pas de beaucoup, si l'on considère que l'on est presque au point haut des taux courts aux Etats-Unis et que le trouble sur les prix est temporaire. La hausse des taux prévue, que ferait M. Bernanke lors de la prochaine réunion, serait ainsi la dernière et jugée suffisante par les marchés. Ajoutons que tout ceci suppose un ralentissement ordonné, c'est-à-dire une coopération de fait des banques centrales dans le monde, notamment des actions d'appréciation du yuan et des monnaies d'Asie à sa suite. L'hypothèque majeure qui pèse sur cette dynamique n'est pas économique, mais bien géopolitique.

La stratégie d'investissement à adopter: défensive ou dynamique?

Tout dépend de l'aversion au risque de l'investisseur car il est à ce stade difficile de savoir si la turbulence est terminée. En revanche, pour un investisseur à horizon moyen terme, oui, nous considérons que les niveaux de valorisation sont intéressants (PE de 12 en zone euro) et qu'il y a donc des points d'entrée. Sur la stratégie sectorielle, il convient d'être équilibré entre les secteurs cycliques et défensifs. Nos secteurs préconisés actuellement : pharmacie, softwares, financières.

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