Kamikazes à Casablanca, attentats à Alger: Al Qaïda en action au Maghreb

Les kamikazes de Casablanca et les attentats d'Alger démontrent que la branche maghrébine d'al Qaïda fonctionne et qu'elle essaiera de frapper en Afrique du Nord chaque fois qu'elle le pourra, estiment les experts.

(afp) "Il faut lier ce qui se passe à la récente formation d'al-Qaïda au Maghreb islamique", affirme Mohamed Darif, professeur de sciences politiques à l'université de Mohammedia, au sud de Rabat.Pour cet expert de l'islamisme marocain, "cette vague de violence ne se limite pas au Maroc et ces réseaux vont commettre, s'ils en ont la possibilité et les moyens, des attentats non seulement dans le royaume, mais en Algérie, en Tunisie et même en Mauritanie".Plusieurs attentats à la voiture piégées ont eu lieu mercredi à Alger faisant au moins dix-sept tués alors que la veille à Casablanca trois kamikazes se sont fait exploser et un quatrième a été abattu lors d'une opération de police."Cette vague de violence est normale. Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien a pris son temps pour essaimer des cellules dans toute l'Afrique du Nord et lorsqu'il s'est senti assez solide, il a pris le nom d'Al Qaïda Maghreb qui regroupe désormais tous les salafistes maghrébins", note M. Darif.Le GSPC a annoncé fin janvier son changement de nom sur "ordre" d'Oussama ben Laden pour devenir "organisation d'al-Qaïda au pays (région) du Maghreb islamique"."Pendant un certain temps, on a eu l'impression que les autorités au Maghreb avaient frappé durement les réseaux terroristes islamistes, notamment au Maroc après les attentats de Casablanca de 2003 et en Algérie ces dernières années", a expliqué à l'AFP Magnus Ranstorp, directeur du "Centre d'étude des menaces assymétriques" au College national de défense suédois.

Mais, constate ce spécialiste des réseaux jihadistes, "il semble qu'aujourd'hui ces deux fronts retrouvent vitalité et énergie comme réaction peut-être à la sévérité de la repression qui les ont frappés". En tout cas pour lui, ce sont les Algériens qui ont pris les rênes d'Al Qaîda en Afrique du Nord.Le mois dernier, le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière avait estimé que "tous les ingrédients étaient désomais réunis: l'ex-GSPC a vocation de prendre en compte l'ensemble des mouvements radicaux du Maghreb: le GICL libyen, le GICM marocain, le GICT tunisien.

On a un arc islamiste, avec des projets également dans le sud, au Sahel".Pour lui, "l'appelation Al Qaïda au Maghreb cela veut dire quoi ? Elle traduit la volonté affichée d'une régionalisation de l'organisation (...) C'est notre sujet de préoccupation majeur et il est clair que cela constitue une menace directe pour la France".Dans un rapport publié le 5 mars, le centre de recherches privé américain Stratfor écrivait que "l'expansion d'Al Qaïda au Maghreb intervient à un moment où l'activité militante dans la région est à la hausse, et semble être une tentative de coordonner les différents mouvements régionaux soumis aux pressions des appareils de sécurité de leurs pays respectifs".En tout cas, pour M. Darif, "c'est un peu de l'utopie de penser qu'on peut mettre un terme aux actes de violence, car je pense que la particularité des cellules qui adoptent l'idéologie salafiste jihadiste c'est leur capacité à se régénérer par son recrutement"."Actuellement tous ces réseaux qualifiés de terroristes adoptent l'idéologie salafiste jihadiste, car c'est la seule idéologie qui, actuellement, légitime et prône le recours à la violence. Ces groupes ont tous des liens de nature organisationelle avec al Qaïda Maghreb".

Photo Belga

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