L'eau se fait rare partout, même dans les pays riches

Les pays riches subissent, de plus en plus, des problèmes d'approvisionnement en eau, affirme un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF). Changements climatiques et mauvaise gestion des ressources provoquent des pénuries, même dans les pays les plus développés.

(l'écho) Le rapport, intitulé "Rich countries, poor water" (" Pays riches pauvres en eau), a été publié à quelques jours de la semaine mondiale de l'eau, qui doit se tenir du 20 au 26 août à Stockholm. Sa conclusion: "Richesse économique ne veut pas forcément dire abondance en eau," déclare Philippe Weiler, responsable du Programme Eau douce au WWF-Belgique.

Ainsi, certaines des villes les plus riches du monde sont également "les plus assoiffées", souligne le rapport : à Houston ou à Sydney, la consommation est bien supérieure au rythme de reconstitution des réserves.

Rareté de l'eau douce

Rappelons que l'eau qui couvre la majeure partie de la surface terrestre est avant tout de l'eau de mer. L'eau douce représente à peine 2,3 % des ressources totales, et les deux tiers sont gelés en permanence. Les sources d'eau douce sont principalement alimentées par les précipitations et temporairement stockées dans des réservoirs naturels ou artificiels. Avec l'augmentation de la population, le développement de l'agriculture et l'industrialisation galopante, la quantité totale d'eau prélevée et le niveau de consommation ont été pratiquement multipliés par 7 au cours du 20e siècle.

La chasse au gaspillage

A Londres, les fuites dues à la vétusté du réseau de distribution pourraient servir à remplir, chaque jour, l'équivalent de trois cents piscines olympiques. Dans les pays méditerranéens, tourisme de masse et agricultures gourmandes en eau épuisent, là aussi, les ressources. Signe parmi d'autres, les glaciers alpins ne cessent de reculer.

Eviter les erreurs

"Les pays connaissant une croissance économique rapide ont encore l'occasion de ne pas répéter les erreurs du passé et de s'épargner les coûts élevés qu'entraîne la restauration des écosystèmes d'eau douce après que ceux-ci ont été endommagés," ajoute Philippe Weiler. "Malheureusement, il faut bien constater que la majorité de ces pays a déjà été séduite par de grands projets d'infrastructure?, sans qu'il n'ait été tenu suffisamment compte ni du potentiel réel de tels équipements à répondre aux besoins en eau ni de leurs coûts pour les populations et pour la nature ". Ainsi, au Brésil et en Chine plusieurs projets de barrages suscitent l'inquiétude, et en Inde l'agriculture est menacée par une surexploitation des ressources en eau.

Afin de faire face à la menace de la crise de l'eau, le WWF recommande de réparer les infrastructures vétustes, de réduire la contamination des eaux et de changer les modes d'irrigation. Aux pays riches de donner l'exemple, estime le rapport.

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(photo: belga)

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