L'Europe fête les 400 ans de l'opéra, un genre bien vivant

Une centaine d'établissements lyriques en Europe, de Paris à Moscou et de Lisbonne à Helsinki, célébreront le 400e anniversaire de l'opéra avec un week-end portes ouvertes de vendredi à dimanche, pour témoigner de la vitalité de cet art et accroître son audience.

(afp/belga) - En Belgique, la Monnaie, l'Opéra royal de Wallonie et l'Opéra de Flandre se joindront à l'événement par l'organisation d'une série d'activités.Ces "Journées européennes de l'opéra" (European Opera Days) se tiendront presque jour pour jour quatre siècles après la création, le 24 février 1607 à Mantoue (Italie), de l'"Orfeo" de Monteverdi, premier chef-d'oeuvre dans l'histoire du genre lyrique à s'être maintenu au répertoire. Inédite, l'opération a mobilisé la quasi-totalité des professionnels du secteur, représentés par les fédérations Opera Europa (plus de 90 théâtres et festivals lyriques en Europe), Fedora (24 associations d'"amis de l'opéra") et Reseo (50 services éducatifs), tous convaincus que cette forme artistique profondément européenne est bien vivante. "Jamais en quatre siècles d'opéra nous n'avons assisté à une dynamique comparable à aujourd'hui", soulignait récemment devant la presse Bernard Foccroulle, président d'Opera Europa et directeur du Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles ainsi que du Festival d'Aix-en-Provence.

"L'opéra belge se porte bien", avaient déclaré il y a quelques semaines, les directeurs des trois opéras belges, Bernard Foccroulle, Jean-Louis Grinda et Marc Clemeur. Les trois opéras belges organiseront le 17 février une série d'activités allant de la visite guidée à la projection sur grand écran en passant par des séances de grimage et d'habillage, des ateliers ou des leçons de chant. Le public pourra même assister à des répétitions. Seules les représentations du soir seront payantes et les trois maisons belges de l'art lyrique porteront une attention particulière aux jeunes et aux enfants. Plus d'informations sur le site www.operadays.eu. "Il y a aujourd'hui une santé de la création étonnante, il faut le dire, et de formidables expériences en direction des publics", ajoutait Bernard Foccroulle, citant en exemples le dialogue noué à Copenhague avec 5.000 jeunes internautes et les initiatives du Liceu de Barcelone à l'attention des étudiants. Accueillant chaque année dans ses salles plusieurs dizaines de millions de spectateurs, touchant un nombre grandissant de jeunes et générant des retombées économiques considérables, l'opéra reste cependant fragilisé par sa réputation d'art coûteux et élitiste. Autant de questions qui seront débattues de vendredi à dimanche à l'Opéra de Paris, hôte de la "Conférence" des "Journées européennes".

En présence d'autant de jeunes venus de toute l'Europe, quelque 200 congressistes (artistes lyriques, compositeurs, metteurs en scène...), dont le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso, ont été invités à discuter des "valeurs communes", de la quête de "nouveaux publics" et du "futur" de l'art lyrique. Parallèlement, la Cinémathèque française montrera que le genre peut se mêler avec bonheur à d'autres formes d'expression et conquérir un autre public, en proposant une sélection de films d'opéra, du "Moïse et Aaron" de Schoenberg revu par les Straub à la récente "Flûte enchantée" de Mozart revisitée par Kenneth Branagh en passant, chez Puccini, par la "Tosca" de Benoît Jacquot et "Madame Butterfly" de Frédéric Mitterrand. La France (25 maisons participantes) sera l'épicentre de ces "Journées", fournissant avec l'Espagne (16), autre pays où l'art lyrique est en effervescence depuis quelques années, le principal contingent d'institutions actives lors de ces "portes ouvertes".

Ailleurs, quelques-unes des plus grandes maisons d'opéra (Covent Garden à Londres, Scala de Milan, Opera d'Etat bavarois à Munich...) seront à la fête, en Europe et jusqu'en Israël (Opéra de Tel-Aviv).

Photo Belga

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