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L'"hôpital de l'horreur" en Italie: le directeur évoque un trafic de cornées

Le directeur de l'hôpital romain Umberto 1er, rebaptisé l'"hôpital de l'horreur" après un reportage sur son manque d'hygiène, a affirmé vendredi dans L'Espresso qu'il avait dû prendre des mesures de sécurité pour empêcher de possibles trafics de cornées sur des cadavres.

(afp) "Le parquet de Rome nous avait discrètement informés sur le fait qu'un tel risque existait (...) il y a environ un an", déclare Ubaldo Montaguti, en précisant cependant qu'aucun vol de ce type n'a été constaté.

Le directeur affirme avoir engagé pendant une période des gardes privés et armés pour "accompagner" les corps des personnes décédées de leur chambre d'hôpital à la chambre mortuaire.

"Nous avions reçu des informations sur d'autres choses moins graves, mais tout aussi inacceptables, comme le vol de vêtements ou d'objets aux cadavres", ajoute Ubaldo Montaguti dans L'Espresso, le même magazine qui avait dénoncé vendredi dernier dans un reportage choc le manque d'hygiène de l'hôpital universitaire, le plus grand de la Péninsule avec environ 1.300 lits.

Le directeur explique que "l'organe qui peut le plus facilement être prélevé est la cornée" et qu'il s'agit aussi du seul organe qui puisse être transplanté "longtemps après le décès".

Il affirme aussi que les soupçons concernaient des personnes étrangères à l'hôpital et non des employés.

L'hôpital Umberto 1er a fait l'objet vendredi dernier d'une longue enquête de L'Espresso, qui a révélé de graves carences en matière d'hygiène et des risques d'infections nosocomiales.

Les images du reportage montraient un sol jonché de mégots à quelques pas du service de thérapie intensive pour enfants, des sacs poubelles entreposés le long des couloirs empruntés par les malades sur leurs civières, ou un brancardier qui fume alors qu'il accompagne un patient.

Le directeur de l'Umberto 1er, qui a pris ses fonctions en août 2005, est aussi revenu sur les images de déjections canines photographiées par L'Espresso dans un couloir, en ajoutant: "vous n'avez pas vu les excréments qui suintent des murs. Ces excréments sont plus dangereux que tout le reste". Il n'a pas précisé les raisons de cette contamination.

Ubaldo Montaguti affirme avoir pris en photo ces images de dégradation et les avoir montrées au maire de Rome Walter Veltroni, au président de la région Latium Piero Marazzo et à l'adjoint de la Région à la santé, Augusto Battaglia.

"Avant Noël, j'ai fait le tour de tous les ministères pour réussir à les convaincre que nous ne pouvons pas continuer dans ces conditions", conclut-il

Après l'article de l'Espresso, le ministère de la Santé a fait effectuer une enquête dans la moitié des hôpitaux de la péninsule qui a révélé que 7,5% des établissements présentaient des "lacunes au niveau de l'hygiène".

Photo Belga

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