La carte YouTube dans la campagne électorale américaine

Les uns après les autres, les candidats aux élections présidentielles américaines de 2008 affûtent leurs armes pour tirer le meilleur parti possible de l'internet, en engageant des directeurs de campagne pour gérer leurs sites en ligne et réaliser leurs vidéos.

(afp) Quand Hillary Clinton, candidate démocrate, a chanté l'hymne national lors d'une réunion électorale dans l'Iowa (centre), elle n'avait pas imaginé que les fausses notes de sa prestation feraient un hit sur le web.

Un clip-vidéo de l'événement placé sur un site d'échanges de vidéos a été vu plus d'un million de fois depuis janvier, attestant de la puissance de l'internet dans la campagne présidentielle.

Nombre d'entre eux, dont Mme Clinton et son rival démocrate Barack Obama, ont même annoncé leur candidature d'abord sur le web. Certains mènent des débats et conversations en ligne avec les électeurs, court-circuitant les médias traditionnels.

"Les candidats réalisent que l'internet est un média intime. Pouvoir cliquer sur le visage du candidat qui commence alors à vous parler, c'est important", note Jeff Jarvis, directeur du programme de journalisme interactif à l'école de journalisme de City University of New York qui a créé PrezVid.com, un site qui étudie les vidéos politiques en ligne.

"Les candidats ont désormais l'opportunité de parler en tête-à-tête avec les gens. C'est quand même différent d'un grand discours devant une foule", ajoute-t-il, interrogé par l'AFP.

Selon une enquête de l'institut Pew, lors des élections parlementaires de novembre, deux fois plus d'Américains que pour la présidentielle de 2002 se sont tournés vers l'internet comme première source d'informations politiques.

Ce pourcentage est passé de 7% à 15%, selon le rapport du centre Pew.

"Cette année est probablement celle où nous découvrons et écrivons de nouvelles règles sur la façon d'intégrer dans la campagne électorale tous ces nouveaux médias interactifs tels que les blogs, les sites de réseaux sociaux comme Facebook ou d'échanges de vidéos", affirme David Perlmutter, professeur de journalisme à l'Université de Kansas.

Comme d'autres experts, il estime que les sites tels que YouTube vont être de plus en plus populaires et que les électeurs vont se faire une opinion des candidats à partir des informations sur le web plutôt que par les voix officielles et les médias traditionnels.

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