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La CIA dévoile le passé mais reste muette sur ses activités actuelles

La CIA, saluée pour avoir rendu public un dossier sur ses activités illégales des années 1950-1970, garde en revanche le silence sur ses agissements controversés actuels.

(afp) "C'est la première fois que la CIA déclassifie volontairement des documents controversés depuis que George Tenet (ancien directeur de la CIA) a renoncé en 1998 aux promesses des années 90 d'une plus grande transparence de l'agence de renseignement", s'est félicité le directeur de l'institut de recherche, la National Security Archive de l'Université George Washington, Thomas Blanton.Il a tout de même fallu quinze ans à la CIA pour répondre à la demande de déclassification faite par cet institut et des parties du document sont toujours censurées, l'agence de renseignement mettant en avant des questions de sécurité.

Le dossier décrit des projets d'assassinats de dirigeants étrangers, dont le président cubain Fidel Castro, la mise sur écoute de journalistes américains, la surveillance de militants antiguerre du Vietnam, etc..., des activités illégales alors que la loi interdit à la CIA d'agir sur le territoire américain et d'organiser des assassinats.Aujourd'hui, l'agence de renseignement a changé et agit "dans le cadre de la loi", a affirmé le directeur de la CIA, Michael Hayden, dans un message mardi aux employés de la CIA, cité dans la presse américaine.

Une affirmation qui laisse sceptique David Barrett, professeur à l'Université Villanova (Pennsylvanie), auteur d'un livre sur la CIA. "Nous ne savons pas tout ce qui se passe aujourd'hui. Mais il semble qu'il y a déjà suffisamment de preuves pour dire que les choses ne sont pas différentes aujourd'hui", dit-il, cité dans le 'New York Times'.La CIA garde un profond silence sur ses activités récentes les plus controversées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.Depuis 2002, la CIA a emprisonné près de cent individus soupçonnés de terrorisme dans des prisons secrètes à l'étranger et est accusée d'avoir utilisé des techniques de torture contre certains d'entre eux.

Début juin, le rapporteur spécial du Conseil de l'Europe, le sénateur suisse Dick Marty, a publié son deuxième rapport sur la question, mettant notamment en cause la Roumanie et la Pologne pour avoir abrité des centres de détention de la CIA entre 2003 et 2005.Le rapport détaille aussi les mauvais traitements et tortures infligés aux prisonniers: musique tonitruante, air conditionné suffoquant ou glacial, détenus laissés nus pendant plusieurs semaines.

L'existence des prisons secrètes de la CIA avait été révélée en 2005 dans la presse américaine. Le président américain George W. Bush avait reconnu leur existence en septembre 2006, mais l'administration avait affirmé qu'après le transfert en septembre de 14 détenus soupçonnés d'être des membres importants d'Al-Qaïda vers Guantanamo (Cuba), la CIA ne détenait plus de prisonniers.Une affirmation qui laisse sceptique les organisations de défense des droits de l'Homme, sans nouvelles de près de 40 personnes qui ont vraisemblablement été détenues par la CIA et n'ont depuis donné aucun signe de vie.

D'autres révélations sur les agissements des services de renseignement américains après le 11 septembre donnent aussi le sentiment que les choses n'ont pas beaucoup changé par rapport aux années 1970.

La NSA, chargée du renseignement électronique, est ainsi accusée d'avoir surveillé des communications entre les Etats-Unis et l'étranger sans mandat de la justice.Et le programme controversé du Pentagone de surveillance électronique baptisé "Talon" rappelle la surveillance d'activistes antiguerre du Vietnam. Lancé en 2003, "Talon" aurait recueilli des informations sur des militants antiguerre d'Irak.

Photo belga

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