La France a alerté début 2001 les USA d'un projet de détournement d'avion (presse)

Les services de renseignements français ont alerté en janvier 2001, soit huit mois avant les attentats du 11 septembre, leurs homologues américains d'un projet de détournement d'avion américain par Al-Qaïda, a révélé lundi le quotidien Le Monde.

(afp) Le quotidien publie le fac-similé de la première page d'une "note de synthèse" classifiée "confidentiel défense" de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, espionnage).

La note de cinq pages, datée du 5 janvier 2001 et titrée "Projet de détournement d'avion par des islamistes radicaux", a été transmise, assure Le Monde, quelques jours plus tard au chef de poste de la CIA à Paris, Bill Murray.Cette note, que l'AFP a pu consulter intégralement, annonce que "des membres de l'organisation d'Oussama Ben Laden en coopération avec des représentants du mouvement taleb et de groupes armés tchétchènes préparent depuis le début de l'année 2000 un projet de détournement d'avion".Cette note formule l'hypothèse d'un projet de détournement d'un avion américain entre l'Allemagne et les Etats-Unis au départ de Francfort où se trouverait une cellule d'Al-Qaïda. L'appareil, selon ce projet, aurait alors été détourné vers Kandahar (sud de l'Afghanistan).

Le chef des pilotes des attentats-suicides du 11 septembre 2001 Mohamed Atta a formé deux ans auparavant une cellule Al-Qaïda à Hambourg, en Allemagne.Cette note cite également sept compagnies d'aviation susceptibles d'être la cible de ce détournement, dont American Airlines et United Airlines, les deux compagnies américaines visées par les attentats terroristes du 11 septembre, qui ont fait près de 3.000 morts.Interrogée par l'AFP, la DGSE n'a pas souhaité commenter ces révélations.Cette note confirme par ailleurs qu'au mois d'octobre 2000, Ben Laden a décrété que sa prochaine action contre les Etats-Unis emprunterait la technique du détournement d'avion mais, à cette période, des divergences avaient vu le jour sur les différents scénarios que pourraient choisir les responsables d'Al Qaïda.Le rapport de la commission d'enquête du Congrès américain sur les attentats du 11 septembre, publié en juillet 2004, avait mis l'accent sur l'incapacité du FBI (contre-espionnage) et de la CIA à rassembler les données reçues de différentes sources.

A aucun moment, la commission d'enquête n'a fait état de renseignements que la CIA aurait répercutés au pouvoir politique et qui auraient émané des services français, concernant les choix tactiques de Ben Laden d'organiser des détournements d'avions américains.L'enquête du Monde, signée de Guillaume Dasquié auteur de deux ouvrages sur Al Qaïda, s'appuie sur 328 pages de notes, de cartes, de graphiques, de photos satellite "confidentiel défense" de la DGSE, entre juillet 2000 et octobre 2001.

Ces documents révèlent par ailleurs que la DGSE, qui avait créé dès 1995 une cellule Ben Laden, était déjà parvenue à une bonne connaissance de la nébuleuse terroriste, de son organisation et de son financement.Ces documents montrent que la DGSE suivait à la trace depuis août 2000 l'Egyptien Midhat Mursi, alias Abou Khabab al-Masri, artificier en chef d'Al-Qaïda, tué lors d'un bombardement américain au Pakistan, près de la frontière afghane en janvier 2006.Une des notes révèle également que, dès 2001, Al-Qaïda avait mis ses infrastructures à la disposition du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), rebaptisé en janvier 2007 branche d'Al-Qaïda au Maghreb.

Photo Belga

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