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La police britannique déjoue un enlèvement terroriste

Les terroristes présumés contre lesquels la police britannique est intervenue mercredi à Birmingham, avaient prévu d'enlever un soldat britannique musulman qu'ils auraient ensuite exécutée, a indiqué à l'AFP une source proche des services de sécurité. Le niveau d'alerte terroriste est actuellement qualifié par les services de renseignement intérieurs britanniques (MI5) de "grave", le deuxième sur une échelle de cinq, indiquant qu'un attentat est "très probable".

(afp) Neuf Britanniques d'origine pakistanaise ont été arrêtés, lors de raids menés par la police du West Midlands et Scotland Yard dans douze lieux de Birmingham vers 04h00 GMT. Ils prévoyaient de reproduire le modèle des enlèvements d'étrangers en Irak, ont indiqué des sources des services de sécurité. La cible, qui a été identifiée et placée sous protection, devait être torturée, puis décapitée après avoir supplié pour qu'on la garde en vie, selon ces sources. Sa mise à mort devait être filmée et ensuite diffusée sur internet. Un jeune soldat musulman de l'armée britannique, ayant servi en Afghanistan, était cette cible, selon les mêmes sources. L'opération, déjouée après près de six mois d'enquête, était prévue dans les prochains jours.

"Cela devait être une décapitation et une vidéo devait être placée sur internet", a expliqué une source sécuritaire, qualifiant la personne visée d'"importante dans la communauté musulmane". Des sources sécuritaires avaient un peu plus tôt indiqué à la BBC que le complot marquait "une approche différente du terrorisme au Royaume-Uni". Les neuf personnes ont été arrêtées dans le cadre d'une opération antiterroriste qualifiée de "majeure" par le ministère de l'Intérieur. Elles sont suspectées "d'avoir ordonné, préparé ou organisé des actes de terrorisme", selon la police. "Un certain nombre de lieux à Birmingham ont été bouclés (....) et sont actuellement fouillés", a ajouté la police. Les raids ont notamment visé une maison, une librairie musulmane et un cybercafé à Sparkhill et deux autres adresses à Alum Rock.

La population de ces quartiers de l'est de la ville est majoritairement originaire d'Asie, en particulier du Pakistan. La police a assuré qu'"aucune menace spécifique" ne pesait sur les endroits concernés. Un témoin a évalué à 55 le nombre de policiers impliqués. Ansar Ali Khan, conseiller municipal travailliste de Birmingham, a indiqué que les personnes arrêtées étaient britanniques, d'origine pakistanaise.

"La communauté ne sait pas ce qui se passe", a-t-il déclaré à l'AFP. "Ma priorité est de conserver la paix et le calme (...) La communauté est choquée et inquiète parce que c'est très soudain". M. Ali Khan a parlé au père d'une des personnes arrêtées. "Il est sous le choc que son fils ait été arrêté", a-t-il déclaré. "Il a servi la communauté pendant 30 ans et est fier d'être britannique. Il ne peut pas imaginer que son fils ait un quelconque lien avec cette sorte d'activité". Le ministre de l'Intérieur John Reid est régulièrement tenu au courant de l'évolution de cette "opération majeure", "menée à l'échelle nationale", a précisé une porte-parole de son ministère. "Cette opération est un rappel de la nature réelle et sérieuse de la menace terroriste à laquelle nous sommes confrontés", a-t-elle ajouté.

Cette annonce rappelle aux Britanniques le douloureux souvenir de l'enlèvement en septembre 2004 à Bagdad de Kenneth Bigley, 62 ans. Son exécution par décapitation, trois semaines plus tard, avait été filmée. L'enlèvement d'étrangers est souvent utilisé en Irak pour faire pression sur les gouvernements soutenant la coalition afin qu'ils retirent leurs troupes. Le Royaume-Uni est le plus fidèle soutien des Etats-Unis en Irak depuis l'invasion en mars 2003.

Photo Belga

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