La voix de Big Brother: l'Anlgeterre adopte les caméras de surveillance parlantes

Le ministre de l'Intérieur britannique John Reid a indiqué qu'une première expérience de caméras parlantes en 2006 dans la ville de Middlesbrough (nord-est de l'Angleterre) avait donné de bons résultats et que ce système serait étendu.

(afp) "Ramassez votre journal s'il vous plaît!": la Grande-Bretagne, pays le plus surveillé au monde, a annoncé mercredi l'installation de caméras de surveillance parlantes dans une vingtaine de villes, pour tancer les vandales ou ceux qui laissent des détritus.

Les employés municipaux pourront ainsi surveiller les rues depuis une salle de contrôle et réprimander les contrevenants sans se déplacer.

"Les communautés locales en ont assez des saletés et des incivilités, elles veulent que l'on rappelle aux gens quel comportement est acceptable et quel comportement ne l'est pas", a déclaré le ministre.

M. Reid a annoncé un financement de 500.000 livres (740.000 euros) au total pour installer ce système dans deux quartiers de Londres, Southwark (sud) et Barking and Dagenham (est), et une vingtaine de villes à travers l'Angleterre.

Mais des associations de protection de la vie privée estiment que Big Brother est devenu fou et que ces mesures vont trop loin.

"Le ministère de l'Intérieur a déjà consacré 78% du budget de la prévention des crimes aux caméras de surveillance sans évaluer leur efficacité. Cet argent serait certainement mieux dépensé pour des moyens de prévention bien éprouvés comme des officiers de police dans les rues", estime le porte-parole de Liberty, une association de défense des droits de l'homme.

La Grande-Bretagne a déjà massivement adopté la vidéosurveillance dans ses villes. On estime que 4,2 millions de caméras sont installées dans le pays, soit une pour quinze habitants environ.

"Il y a toujours des gens qui disent que quand l'on fait ça c'est une société policière. Mais c'est faux. C'est une société où la vaste majorité de citoyens respectueux de la loi font le maximum pour respecter les autres", a répliqué John Reid.

En novembre, une étude commandée par le Commissaire à l'information, un organisme indépendant, a estimé que le Royaume-Uni était devenu "une société sous surveillance".

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