Le Conseil de Sécurité débat des changements climatiques

Ce débat public, organisé à l'initiative de la Grande-Bretagne qui préside le Conseil en avril et dirigé par la secrétaire au Foreign Office Margaret Beckett, a officiellement pour thème "Energie, sécurité et climat".

(afp) Le Conseil de sécurité de l'ONU débat mardi du changement climatique pour la première fois de son histoire, signe que ce phénomène environnemental commence à être vu aussi comme un risque sécuritaire majeur.

Il n'est pas destiné à déboucher sur des décisions du Conseil de sécurité mais à "faire davantage prendre conscience de cette question", a déclaré à la presse un responsable britannique.

"Ce que nous essayons de faire, c'est montrer que le changement climatique n'est plus seulement une question d'environnement mais aussi un défi global" et que "le coût de l'inaction est supérieur à celui de l'action", a ajouté ce responsable, sous couvert de l'anonymat.

L'organisation de ce débat, a-t-il précisé, n'est pas allée sans difficultés, certains pays parmi lesquels les Etats-Unis, la Russie et la Chine, poids lourds du Conseil de sécurité, estimant que cet organe n'était pas le forum adéquat pour discuter du réchauffement de la planète.

La responsabilité du Conseil de sécurité, définie par la Charte de l'ONU, est le maintien de la paix et de la sécurité internationales et de nombeux Etats membres de l'ONU estiment qu'il sort de son rôle lorsqu'il traite de sujets non directement liés à la paix, comme les droits de l'Homme par exemple.

Cependant à la veille du débat lundi, un groupe privé de recherche à but non lucratif américain, CNA Corp., a publié à Washington un rapport affirmant que le réchauffement planétaire constituait une sérieuse menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis en risquant d'avoir un impact sur les opérations militaires et d'accroître les tensions mondiales.

Ce rapport d'officiers supérieurs américains retraités, intitulé "La sécurité nationale et la menace du changement climatique", explore les projections de réchauffement en tant que "facteur amplificateur" des risques dans des régions du monde déjà fragiles où il exacerbera les conditions qui favorisent l'éclosion de l'extrêmisme et du terrorisme.

"Le changement climatique est un sujet qui prend de l'ampleur et comme tout sujet qui prend de l'ampleur, on commence aussi à s'interroger sur ses différents aspects, les différents types de répercussion du phénomène", a déclaré un diplomate occidental, pour expliquer l'initiative britannique.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés