Publicité

Le Japon s'offre un musée géant pour vanter l'esprit du "21e siècle"

Le Japon a inauguré dimanche le plus vaste musée d'art du monde consacré exclusivement à des expositions temporaires, un espace qui veut incarner l'esprit du "21e siècle", ouvert aux collections du monde entier, aux jeunes talents et aux nouvelles technologies.

(afp) Doté d'une immense façade en verre "high tech" et d'une superficie d'exposition de 14.000 m2, le Centre national d'art de Tokyo, est installé au coeur de la plus grande ville du monde, dans le quartier cosmopolite et branché de Roppongi.

Avec le musée de la Tour Mori et le musée Suntory rénové, tout proches, Roppongi se peut se flatter d'un "triangle" culturel dédié à l'art moderne. Principale originalité, ce musée se distingue par l'absence de collection permanente, ce qui fait de lui le plus grand centre d'art mondial d'expositions temporaires, selon son architecte.

"Nous serons en mesure d'accueillir n'importe quand, et n'importe quelle exposition japonaise ou étrangère --cet aspect imprévisible, doublé de la mission d'attirer de jeunes et nouveaux artistes de talent, est la principale originalité du musée", a expliqué à l'AFP l'architecte Kisho Kurokawa.

"Ce serait mission impossible pour le Musée du Louvre, mais réalisable pour notre Centre national d'art. Je pense qu'il s'agit du nouvel esprit du 21e siècle", a expliqué M. Kurokawa, 72 ans.

La première exposition, une collection prêtée par le Centre George Pompidou de Paris, présentera les créations des artistes étrangers qui ont vécu à Paris depuis 1900.

Outre l'avantage de s'épargner les exhorbitantes dépenses d'une collection propre, M. Kurokawa envisage à terme d'éviter les aléas d'un transport des oeuvres d'art, en projetant les photographies des oeuvres sur des écrans plats accrochés aux murs, à l'aide des technologies numériques les plus pointues.

"Si l'on regarde le véritable tableau de Mona Lisa, il est vraiment très difficile d'en distinguer les détails", assure l'architecte. "Aujourd'hui, le Japon excelle dans le domaine du numérique et c'est grâce à cette technologie et à l'internet que les gens pourront profiter d'une vision plus fidèle des oeuvres d'art qu'en les découvrant dans un vrai musée", poursuit-il.

"Si nous pouvions rassembler une base de données des musées du monde entier, alors le Centre national d'art deviendrait le premier musée technologique internet au monde", a souligné l'architecte. Ce dernier a toutefois reconnu l'impossibilité de réaliser un tel projet dans l'immédiat en raison de la législation internationale sur la protection des droits d'auteur.

M. Kurokawa, qui a conçu l'aéroport international de Kuala Lumpur et d'un aménagement du musée Van Gogh à Amsterdam, aime à se définir comme un philosophe. Selon lui, ce nouveau musée reflète son idéal de parvenir à la "symbiose" de forces conflictuelles, entre le particularisme japonais --exprimé à travers les matériaux naturels: bois, béton, acier, verre-- et la globalisation, traduite par la fonctionnalité du lieu et le recours aux nouvelles technologies.

Conçu en bois, en ciment, en acier et en verret, le musée, dont la construction a coûté 35 mds de yens (223 M EUR), fait la part belle aux couleurs naturelles, un "concept très japonais", souligne l'architecte.

"En même temps, le fonctionnement du musée est très ouvert au monde. Le musée est capable d'accueillir n'importe quel genre de création, avec toute la sécurité et la technologie requises", ajoute-t-il.

Enfin, Kisho Kurokawa espère que ce lieu, équipé d'une grande bibliothèque, de cafés et d'un restaurant (supervisé par le chef étoilé français Paul Bocuse), sera propice aux rencontres. "Je suis enthousiaste à l'idée de regarder les gens instiller la vie dans ce musée, car sans eux, il n'aura pas d'âme".

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés