Le pâté Hénaff, casse-croûte chéri des marins, fête ses 100 ans

Le pâté Hénaff, casse-croûte chéri des marins au secret de fabrication bien gardé, fête son centenaire à Pouldreuzic (Finistère) d'où sortent 35 millions de petites boîtes bleus et jaunes par an sous l'oeil attentif de Jean-Jacques Hénaff, le petit-fils du fondateur.

(afp) En 1907, Jean Hénaff, agriculteur et conseiller municipal, mettait des petits pois en conserve. Mais, pour occuper les salariés pendant la période creuse de récolte, il décide de faire du pâté de cochon."Il a aussi créé l'entreprise en réaction à une tristesse due à l'exode rural en pays bigouden" dans le sud du Finistère, explique l'arrière-petit-fils, Loïc Hénaff, qui a rejoint l'entreprise en 2005.La recette secrète du grand-père, élaborée entre 1915 et 1930, fait ses preuves : cochon entier (filets et jambon), sel, poivre, épices (le secret!) et maturation pendant six semaines.

"On achète des animaux vivants, entiers, pas des carcasses", explique Jean-Jacques Hénaff, Pdg de l'entreprise."Et nous ne le trouvons pas aussi bon lorsqu'il n'a pas ses six semaines!", renchérit Loïc Hénaff.Commercialisé dans plus de 90 pays, le pâté Hénaff est très prisé des marins, qu'il soient pêcheurs du dimanche taquinant le bar ou professionnels partant plusieurs mois à bord des gros thoniers.D'où le dicton, revendiqué par l'entreprise familiale et bien connu dans sa région : "le pâté Hénaff, le pâté du mataf (matelot, ndlr)".

Quant à la diaspora bretonne, elle trouve dans la petite boîte une sorte de madeleine de Proust. 10% du chiffre d'affaires est en effet réalisé à l'export."Nous recevons des photos de gens ouvrant une boîte sur la grande muraille de Chine ou encore trouvant du pâté à vendre sur l'étal d'un marché vietnamien", explique Loïc Hénaff.Sur les 44,8 millions d'euros de chiffre d'affaires réalisés en 2006, en hausse de 7,7%, par cette PME détenue à majorité par la famille Hénaff, une moitié est liée au pâté traditionnel, premier en parts de marché sur son secteur.Après avoir accommodé la recette originale (pâté de foie, pâté aux herbes...), l'entreprise s'est lancée dans les saucisses fraîches, puis dans la conserve de langue de boeuf."Quand on est petit, il faut aboyer fort", affirme Jean-Jacques Hénaff, qui a pris la suite de l'affaire en 1972.Ces dernières années, Hénaff a également mis en avant la traçabilité intégrale de ses produits: code-barre sophistiqué et photo des éleveurs sur les paquets de saucisses.

La société va célébrer son centenaire en organisant une kermesse avec ses 180 salariés et en ouvrant "la Maison du pâté Hénaff" dans l'ancienne ferme familiale proche de l'usine de Pouldreuzic.Et symbole de sa notoriété, la petite boîte bleue a depuis mars 2006 son fan club, "le club des amoureux du pâté Hénaff".

Photo Belga

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés