Le tourisme solidaire, nouvelle formule prisée des globe-trotters

Séjourner dans un temple bouddhiste en Chine ou dans des cases en pleine brousse au Sénégal, visiter le village du père Pedro érigé sur une décharge à Madagascar, s'informer sur des bidonvilles en Inde... de plus de plus de touristes cherchent l'immersion totale, loin des masses.

(afp) Si le voyageur peine parfois à s'y retrouver dans le maquis des labels et chartes tournant autour du tourisme responsable, solidaire, durable, équitable ou encore éthique, l'essor de cette tendance est incontestable, selon les professionnels au Salon mondial du tourisme à Paris. "D'année en année, on assiste à une croissance spectaculaire à la fois de la demande et de l'offre dans ce domaine", constate Jean-Pierre Martinetti, délégué général de la Cité de la Culture et du Tourisme Durable (CCTD).

Pour 44% des touristes familiarisés avec ce concept, le respect des principes du tourisme durable influe sur le choix d'une destination, et 43% seraient même prêts à payer plus cher, selon une étude de la CCTD.Aux antipodes du tourisme de masse et de ses effets dévastateurs (pollution, prostitution, travail des enfants, gaspillage des ressources), le tourisme responsable se soucie de l'impact social, économique et écologique du voyage sur les pays d'accueil et prône une répartition équitable des recettes. "Dans un hôtel de luxe, un touriste consomme entre 150 et 250 litres d'eau par jour. C'est inconciliable avec un tourisme solidaire", commente Henry Rosemberg, directeur d'Ecotours, membre de l'Association pour un tourisme équitable et solidaire (ATES). "Nous voulons faire découvrir à nos clients la réalité sociale d'un pays sans verser dans le misérabilisme ou le voyeurisme", explique Marianne Didierjean, responsable de "Voyager autrement" chez l'opérateur associatif Vacances Bleues. 1% du chiffre d'affaires engendré par cette activité, soit 10.000 euros par an, est reversé à des associations, afin d'éradiquer la lèpre à Madagascar, ouvrir une école au Tibet ou soutenir un orphelinat au Cambodge. Avec 500 clients par an, sur un total de 80.000 pour Vacances Bleues, cette activité relève toutefois encore du tourisme de niche.De même, la vingtaine de tour-opérateurs associatifs réunis au sein de l'ATES ne fait voyager que 4.000 personnes par an, mais compte doubler ce nombre en 2007.Le tourisme solidaire n'est plus l'apanage des associations. Les grands tour-opérateurs s'engagent également dans cette voie et se défendent d'être guidés par des calculs de marketing.

"La solidarité fait partie intégrante des principes fondateurs du groupe", relève Agnès Weil, directrice du développement durable au Club Med. Ainsi son fondateur Gérard Blitz "s'occupait après la guerre de la réinsertion des anciens déportés".Et la construction des villages du Club Med "a toujours respecté l'espace naturel des paysages locaux", assure-t-elle."Des voyages sac à dos, en petits groupes, pour aller au contact de la population, sont conformes au concept conçu il y a 40 ans par notre fondateur Jacques Maillot", fait valoir chez Nouvelles Frontières Birgit Kotzan, chargée du tourisme responsable."Nous devons rendre des comptes à nos actionnaires, mais cela ne nous empêche pas de continuer à programmer des circuits qui relèvent du tourisme responsable", poursuit-elle.

Une approche qui n'est pas partagée par tous. Richard Vainopoulos, président du réseau d'agences de voyages TourCom, réfute un "phénomène de mode qui sert à se donner bonne conscience" et "préfère des actions concrètes sur le terrain".

Photo belga

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