Les hivers secs en Méditerranée annonciateurs de canicules en Europe

Les canicules en Europe ont toujours été précédées par des hivers secs dans le nord de la Méditerranée occidentale, ce qui été le cas cet hiver, un signe qui pourrait annoncer un été chaud, selon une étude réalisée par des climatologues français. L'hiver 2006-2007 a été particulièrement doux et sec en Europe, ce qui pourrait laisser augurer une nouvelle canicule, après celles d'août 2003 et juillet 2006.

(afp) Les canicules en Europe ont toujours été précédées par des hivers secs dans le nord de la Méditerranée occidentale, ce qui été le cas cet hiver, un signe qui pourrait annoncer un été chaud, selon une étude réalisée par des climatologues français."Les 10 canicules les plus sévères que nous avons vécues en Europe de l'Ouest depuis les années 50 ont toujours été précédées d'un hiver sec dans le nord de la Méditerranée", indique à l'AFP Pascal Yiou, chercheur au Laboratoire des sciences du climat de Saclay (LSCE).Mais "c'est un indice parmi d'autres", ajoute-t-il, confirmant des informations publiées jeudi dans Le Figaro.

L'hiver 2006-2007 a été particulièrement doux et sec en Europe, ce qui pourrait laisser augurer une nouvelle canicule, après celles d'août 2003 et juillet 2006.

La sécheresse l'hiver dans le sud de l'Europe est un mécanisme déclencheur de la canicule estivale, mais il faut également que le printemps soit sec et qu'il n'y ait pas de perturbations atmosphériques l'été venant de l'ouest ou du nord, explique Pascal Yiou.En 2005, par exemple, il a fait très sec pendant l'hiver et le printemps, et début juin, il a commencé à faire très chaud. "On n'était pas loin de battre des records, et puis, de manière imprévisible, des flux de nord et d'ouest ont apporté beaucoup de nuages, du coup l'été 2005 n'a pas été particulièrement chaud", fait-il observer.

Il faut en effet un anticyclone pour bloquer la circulation atmosphérique en provenance de l'ouest, ce qui est très aléatoire.Pour que la canicule s'installe, il faut "un flux du sud pendant l'été et qu'il ait fait très sec auparavant, c'est ce qui s'est passé en 2003 et en 1976", explique le chercheur.Aujourd'hui, "c'est un peu tôt pour tabler sur une canicule l'été prochain, fait-il remarquer, d'autant qu'il s'est remis à pleuvoir dans le sud".

Car "le sol mouillé inhibe la canicule, l'eau, en s'évaporant, refroidissant l'atmosphère", indique Pascal Yiou, co-auteur avec Robert Vautard, directeur du LSCE, d'une étude sur le lien entre canicule et sécheresse, qui doit être publiée prochainement dans la revue scientifique américaine Geophysical Research Letters."Il s'agit d'une étude très sérieuse", a estimé Michel Dequé, modélisateur à Météo France."C'est une approche de type constatation et corrélation plutôt que modélisation", observe-t-il. Cependant, "ça ne marche pas à tous les coups", ajoute-il, évoquant le cas de l'été 2005.Pour qu'il y ait canicule l'été prochain, il faudrait qu'il ne pleuve pas ou peu en avril et mai, "ce qu'on ne peut pas encore savoir", et il faudrait en plus un anticyclone sur la France l'été prochain.

Mais "on peut dire que puisque l'hiver a été sec en Méditerranée, il y a un peu plus de chances d'avoir une canicule cet été, souligne-t-il.On ne peut pas parler de "prévisions" mais ce type d'approche statistique est exploité depuis très longtemps en météorologie, rappelle-t-il. Les dictons populaires, tels "Noël au balcon, Pâques aux tisons" s'appuient d'ailleurs sur cette pratique d'observation des événements du passé.

Photo belga

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