Les télécoms s'enfoncent dans la déprime

La publication jeudi des résultats décevants de Deutsche Telekom ne fait qu'accentuer la crise que connaît actuellement le secteur des télécoms. Certains s'en sortent toutefois mieux que d'autres.

(l'écho) A l'instar d'autres opérateurs, Deutsche Telekom, le numéro un européen des télécommunications, a vu ses bénéfices s'éroder au deuxième trimestre. En cause, la faiblesse de ses activités sur son marché domestique, où ses clients ont continué à lui tourner le dos. Le bénéfice net du groupe a en effet accusé une baisse de 14% à 1,01 milliard d'euros, et l'excédent brut d'exploitation (Ebitda ajusté), qui sert d'étalon aux prévisions du groupe, s'est établi à 4,82 milliards, en baisse de 7%. Le chiffre d'affaires a crû légèrement (+3% à 15,13 milliards), mais uniquement grâce aux activités hors du pays. En Allemagne en revanche, les activités ont vu un recul de 4%. A 12h17 heure de Bruxelles, l'action Deutsche Telekom cédait 8,28% à 11,08 euros.

Les tensions au Proche-Orient, les pressions exercées par les autorités de régulation - comme dans le dossier du roaming où une baisse des tarifs a été récemment imposée - et l'apparition de nouvelles technologies constituent autant de facteurs qui mettent sous pression les prix. Sans oublier l'intense concurrence qui sévit parmi les opérateurs en Europe.

Petite compilation des derniers résultats.

Lourdes provisions pour Swisscom

Comme ses concurrents, Swisscom a continué de souffrir de la baisse des prix au premier semestre. Tant le chiffre d'affaires (-2,8% à 4,77 milliards de francs) que le bénéfice (-32% à 759 millions) ont régressé par rapport à la même période de 2005. A y regarder de plus près, les chiffres du numéro un des télécoms sont cependant moins décevants qu'il n'y paraît, puisque la société progresse "quantitativement" dans plusieurs secteurs. L'opérateur historique subit certes le recul des prix dans le mobile et les remboursements qu'il concède à certains de ses concurrents (procédures d'interconnexion), mais il continue de gagner beaucoup de clients dans le mobile (430.000 clients à 4,47 millions avec ceux de Migros).

" Très forte intensité concurrentielle "

Chez France Télécom, la " très forte intensité concurrentielle " a grevé les résultats de l'opérateur français. Fin juillet, France Télécom a effectivement annoncé un bénéfice net au premier semestre en recul de 30,2%, à 2,346 milliards d'euros (EUR), contre 3,363 milliards au premier semestre 2005. Mais le groupe a confirmé la plupart de ses objectifs financiers pour l'année, à l'exception de sa prévision de croissance organique. Le chiffre d'affaires pour la période s'est établi à 25,855 milliards EUR, en hausse en 9,3% sur un an. Le résultat d'exploitation est en baisse de 17,7%, à 5,334 milliards EUR.

Contraction des marges

Chez Telecom Italia, la croissance peine aussi. Telecom Italia fait état d'une baisse de 4,5% de son bénéfice opérationnel au premier semestre en raison de la contraction de ses marges. Le premier opérateur télécoms italien a dégagé sur les six premiers mois de l'année un bénéfice d'exploitation (Ebit) de 3,799 milliards d'euros, pour un chiffre d'affaires en hausse de 5,6% à 15,33 milliards. La marge opérationnelle du groupe s'est contractée à 24,6% contre 26,9% un an plus tôt en raison de l'intensification de la concurrence en Italie. La baisse des marges de Telecom Italia reflète la concurrence qui fait rage sur le marché italien des télécoms et qui a conduit l'opérateur à introduire des lignes haut débit plus puissantes, jusqu'à 20 méga, et à parier sur la convergence de ses services de téléphonie mobile et fixe.

Telefonica sauve la mise avec des acquisitions

Telefonica s'en sort nettement mieux que ses autres concurrents. Le géant espagnol des télécommunications a dégagé un bénéfice net en hausse de 40,3% au premier semestre, à 2,6 milliards d'euros, légèrement mieux que prévu, a-t-il annoncé. Telefonica a attribué cette forte croissance du bénéfice net à la solide augmentation des recettes et à la consolidation des dernières acquisitions réalisées, dont les rachats de l'opérateur tchèque Cesky Telecom et du britannique O2. Le chiffre d'affaires du groupe a atteint 25,2 milliards d'euros, en hausse de 46,4% sur un an. Le résultat opérationnel avant amortissement s'est inscrit en hausse de 40,9% à 9,2 milliards d'euros.

KPN dépasse les attentes

Le chiffre d'affaires du groupe néerlandais KPN a augmenté de 3,9 %, passant à 3 milliards d'euros, tandis que le cash-flow opérationnel a progressé de 10,2 %, pour atteindre 1,2 milliards d'euros. Le bénéfice net a, pour sa part, fait un bond de 40 %, à 0,19 euro par action. Seule la division fixe a joué les trouble-fête en enregistrant une baisse de chiffre d'affaires de 2,3 %. KPN essaie petit à petit de juguler les mauvais résultats de cette division en profitant de la forte demande de téléphonie via l'internet. KPN a en outre augmenté de 6,1 % sa part de marché dans le domaine des connexions large bande et détient désormais 37,9 % du marché. Une gestion des coûts stricte combinée à la reprise de Telfort a permis à la division mobile de réaliser un chiffre d'affaires en hausse de 14,7 %, passant à 1,5 milliards d'euros.

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