Piet Lammens, KBC

L'économie mondiale : inflation ou ralentissement de la croissance économique?

Après trois, quatre ans de croissance économique supérieure à 4%, l'économie mondiale va évoluer à un rythme moins soutenu mais évitera la récession. Les capacités de production non utilisées ont baissé de manière drastique dans la plupart des régions, ce qui n'a pas échappé aux banques centrales, avec pour conséquence un raidissement de leur politique.

Cela va seulement provoquer un ralentissement de la croissance, comme l'indiquent les récentes baisses sur les marchés des matières premières et des actions, toujours en avance sur les indicateurs économiques.

Les grandes organisations internationales telles que le FMI et l'OCDE sont toujours optimistes mais il s'est avéré par le passé que les marchés étaient plus rapides à déceler les point de retournement conjoncturels que ces organismes.

L'euro: au-dessus ou en-dessous de 1,30 dollar pour 1 euro?

L' Euro finira par repasser le cap de 1.30. Le dollar se tient en général relativement bien pendant une période de haute conjoncture et de taux d'intérêt orientés à la hausse. La croissance aux USA semble évoluer désormais à un rythme moins soutenu et on s'approche de sommet en matière des taux. La Réserve Fédérale peut augmenter ses taux encore une fois, peut-être deux fois mais pas plus. Cela devrait se traduire par un moindre différentiel de taux, ce qui devrait profiter à l' Euro.

Le gigantesque déficit extérieur des USA sera dans ces conditions difficilement finançable sans une dépréciation de la devise. D'autre part, les banques centrales asiatiques et du Moyen Orient ont fortement accru leurs réserves de changes en dollar: un simple maintien en niveau actuel de ces réserves déjà excédentaires ne peut qu'augmenter la pression sur la devise américaine. Ces banques vont même diversifies leurs avoirs, renforcent le rôle d'alternative de l' Euro.

Le BEL20: vers les 3.000 ou vers les 4.000 points?

La Bourse Belge n'est pas chère mais elle a perdu son caractère bon marché par rapport aux autres bourses Européennes.

Certains secteurs comme la grande distribution, les Telecoms et les banques sont encore sous-évaluées par rapport à leurs confrères Européens.

L'incertitude actuelle peut encore peser à courte terme sur les bourses mais une fois les incertitudes concernant la croissance, l'inflation et la politique monétaire ont disparu, le marché va voir que la sous-évaluation des actions mérite des indice boursière plus élevée. Donc en général, nous sommes plutôt optimiste pour les actions dans le perspective d'un an. Donc si nous devons choisir entre 3 000 et 4 000, nous choisissons le 4 000.

L'or: vers les 500 ou vers les 750 dollars l'once?

Le cours de l'or est en forte progression depuis son plus bas atteint en 2001. Cette tendance haussière s'est accélérée dans le période Avril- mi-May, lorsque le cours est passé de 550 dollar à 740 dollar l'once. Cette brusque accélération prenait de caractéristiques de bulle spéculative, l'implosion de celle-ci ramène le prix vers les 550 dollar.

L'investissement en or présente certains désavantages, dont le plus important est l'absence de coupon/dividende. A certains moments de l'histoire, l'or a fourni une bonne protection à l'égard de l'inflation, mais sans-être toujours le cas. L'or pourrait s'avérer une bonne protection contre un scénario de crash du dollar. Il a souvent été acheté par les investisseurs qui craignent que l'énorme endettement des Etats-Unis ne puisse se résoudre sans une dépréciation voulu du dollar, résultant de la monétisation de la dette par la Banque Centrale.

Une diversification limitée dans l'or peut toujours être une bonne stratégie. Pour des vrais spéculateurs, ils peuvent essayer de prendre le train en marche lorsque le trend repartira à la hausse, ce qui ne semble pas être le cas actuellement. L'analyse technique, plutôt que l'analyse fondamentale puisse aider ce type de spéculateur.

Le Pétrole: vers 50 ou 90 USD/le baril?

Etant donné les prévisions de ralentissement conjoncturel, une détente des prix dans une perspective de 6 à 12 mois est envisageable mais il est peu probable que l'or noir baisse vers 50 dollar le barril et certainement pas d'une façon durable. Les incertitudes géopolitiques vont sans doute continuer à peser sur le marché. Cet élément et la raréfaction structurelle de l'offre laissent peu de place pour une baisse durable du prix.

Les taux à 10 ans : plus haut ou plus bas?

Les taux peuvent peut-être dans un premier temps monté jusqu'a 4.25%, pet-être 4.5%% (10 ans obligataire publics européens) avec la resserrement de la politique monétaire encore à venir et des bourses plus calmes, mais il est probable qu'en 2007 (peut-être même avant) qu'une détente des taux surviendra. Le ralentissement prévu de la croissance et d'autres facteurs structurels tels que la démographie, la problématique des pensions? rendent improbables des taux obligataires beaucoup plus élevés.

La stratégie d'investissement à adopter: défensive ou dynamique?

Les investisseur en obligations peuvent augmenter graduellement leurs portefeuilles étant donné que le sommet des taux est proche et profiter de toute nouvelle poussée des taux pour acheter les obligations.

Dans le contexte actuel, les obligations publiques en euro sont préférées aux obligations en devises étrangères, étant donné le risque de l'appréciation de l'euro. Une exception pour les obligations dont le devise s'est fortement dépréciée ces derniers temps, comme la Turque, le HUF en cas de nouvelle baisse de ce dernier. Bien sûr, timing est primordial pour acheter obligations en ces monnaies et on doit les acheter pour une diversification limitée.

Nous conseillons des débiteurs de premier ordre, type institut financière, le rapport risque/rendement restent peu attrayant pour les obligations d'entreprises.

En ce qui concerne la bourse, la prudence s'impose dans le climat actuel. Sur base des fondamentaux, les actions ne sont pas chères. Seule une hausse des taux vers 6.75% pour le 10 ans ou une forte baisse des bénéfice des entreprises puisse justifier une baisse des action (sur base fondamentale) des niveau actuel. Ceci est peu probable et montre que les actions sont aujourd'hui pas chère. Ceci veut dire que dans le climat actuel, il y a d'opportunité d'acheter des bonnes actions relativement bon marché. Bien sûr, ceci n'est pas une garanti contre une baisse supplémentaire des actions et une attitude de prudence est dès lors appropriée tant que les perspectives en matière de croissance, d'inflation et de la politique monétaire ne sont pas plus claires.

L'investissement défensif en action a notre préférence, notamment dans celles avec haut dividende comme les entreprises de services aux collectivités, les pharmaceutiques et les banques. Les secteurs cycliques, comme les matières premières, sont à éviter. La correction dans les pays émergents n'est probablement pas encore terminée, étant donné l'ampleur des gains de ces dernières années mais des achats sélectifs peuvent être envisagés en Europe Centrale. Le ""momentum" n'est pas déjà bien pour acheter en Europe Centrale, mais une fois un plancher est atteint, il y a des achats à faire. Nous n'avons pas de préférence régionale entre les E-U, le Japon et l' UE.

Piet Lammens, KBC

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