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Pol Pieret, AXA IM

L'économie mondiale: inflation ou ralentissement de la croissance économique?

Il est probable qu'après 3 années de croissance soutenue, le pic de croissance soit derrière nous : les premiers signes d'une décélération économique apparaissent dans certaines zones, à commencer aux USA, dans l'immobilier par exemple. Toutefois, ce ralentissement est mesuré et limité ; ainsi, sur la zone euro et le Japon émane toujours un message très positif pour les mois à venir.

Nous voyons cela plutôt comme un résultat positif à ce stade, si nous voulons éviter un nouveau renforcement des pressions inflationnistes qui semblent en effet se réveiller. Tout dépendra de la manière avec laquelle les banquiers centraux réussiront le " pilotage " de la situation.

L'euro: au-dessus ou en-dessous de 1,30 dollar pour 1 euro?

En-dessous, à moyen terme, plutôt dans la zone de 1.25. D'ici la fin d'année, nous ne voyons pas le dollar véritablement décrocher en raison d'un différentiel de taux d'intérêt toujours très confortable en sa faveur (2.5%). Ce différentiel devrait se maintenir tant que la FED n'a pas terminé son tour de vis monétaire.

Le BEL20: vers les 3.000 ou vers les 4.000 points? Et le CAC 40: vers les 4000 ou 5000 points ?

Vers les 4000 points pour le marché belge et 5000 points pour le marché français. Dans le contexte d'un ralentissement économique contrôlé et de réduction progressive des pressions inflationniste due à l'action préventive des banquiers centraux - ce qui est notre scénario de base - nous restons positifs sur les actions en général. Celles-ci bénéficient en outre d'une valorisation attrayante, quelle que soit la zone géographique. Une performance de 7 à 8 % sur base annualisée (taux 10 ans actuels, augmentés de la prime de risque historique) devrait être réalisable ; plutôt 8% pour le marché belge, qui bénéficie en plus d'un rendement sur dividendes relativement plus élevé.

L'or: vers les 500 ou vers les 750 dollars l'once?

Vers les 750. L'or est traditionnellement soutenu en période de réveil de l'inflation, ce qui est le cas actuellement. De plus, la demande en provenance des pays asiatiques (Chine et Inde) demeurera soutenue du fait de la poursuite de la croissance économique sur cette zone, face à une offre réduite du fait de l'affaiblissement de la production minière et des ventes d'or limitées de la part des Banques Centrales.

Le pétrole: vers 50 ou 90 USD/le baril?

Vers 50 usd/baril, sans l'atteindre cependant. Notre scénario mise sur un baril revenant à 60 usd d'ici la fin d'année, en raison principalement d'une croissance économique mondiale plus modérée d'ici 1 an (voir infra), ce qui devrait détendre la tension entre l'offre et la demande. L'évolution des tensions géopolitiques avec l'Iran pourrait évidemment faire remonter cette hypothèse.

Les taux à 10 ans : plus haut ou plus bas?

Légèrement plus bas sur les zones ? et $. Plus haut au Japon. Même si à court terme, de nouveaux pics sur les taux longs européens et américains ne sont pas exclus (4.10% et 5.30% respectivement), nous sommes convaincus que les facteurs structurels de faible inflation sous-jacente et de demande croissante d'institutionnels désireux de mieux coller à la durée longue de leurs engagements, empêcheront une remontée des taux. Seul exception : le Japon, pour lequel nous voyons les taux 10 ans à 2.5% (contre 1.5% actuellement).

La stratégie d'investissement à adopter: défensive ou dynamique?

Opportuniste ! Nous pensons en effet que la situation actuelle de forte volatilité des marchés (il n'est par rare de voir des écarts de cours journaliers de 3% au niveau des indices !) n'est pas propice à un choix de cette nature. Il faudrait pour cela le retour à plus de sérénité et de stabilité dans les marchés, ce qui pourra prendre plusieurs semaines/mois tant que les marchés ne sont pas convaincus par les gestes et paroles des banquiers centraux.

D'un côté, l'environnement plus difficile actuel nécessite une réduction de la taille du pari actions, même si celui-ci demeure positif. Il s'agit simplement d'ajuster le risque des portefeuilles à une prime exigée plus importante née de l'apparition d'un risque nouveau: " Les marchés n'aiment pas l'incertitude ".

Par ailleurs, les corrections - accentuées par les volumes gigantesques, les " hedge funds " sont effet passés par là - touchent toutes le valeurs, les bonnes comme les moins bonnes, ouvrant nécessairement la porte à des exagérations. Pour l'investisseur long terme, qu'est fatalement l'investisseur en actions, mais aussi en obligations long terme, c'est une occasion de rentrer progressivement sur des actions de qualité à des prix raisonnables ou des obligations d'Etat dont les taux sont proches de leur pic cyclique. Pas de précipitations pour autant car la volatilité sera toujours au rendez-vous encore quelque temps.

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