Royal crée la surprise en enrôlant Jospin

La candidate socialiste à la présidence en France Ségolène Royal a créé la surprise en intégrant dans son équipe l'ancien Premier ministre Lionel Jospin qui, avec les autres "éléphants" du Parti socialiste jusque là tenus à distance, doivent l'aider à relancer sa campagne.

(afp) A deux mois du scrutin, la candidate socialiste a annoncé jeudi soir la nomination d'une "équipe du pacte présidentiel" de treize personnes incluant les principaux ténors de son parti (surnommés "les éléphants"), y compris les deux rivaux qu'elle avait largement battus lors de la campagne interne pour l'investiture socialiste, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius.

Alors que le favori de la droite Nicolas Sarkozy reste en tête dans les sondages, l'initiative de Mme Royal vise à contrer les nombreuses critiques sur l'organisation défaillante de sa campagne, soulignée par la récente démission de l'expert économique du PS Eric Besson. L'arrivée de Lionel Jospin, qui avait tenté en vain de contrer la candidature de Ségolène Royal en l'accusant en septembre de "démagogie" et de "futilité", constitue une réelle surprise.

Sa défaite à la présidentielle de 2002, où il avait été devancé au premier tour par le leader d'extrême droite Jean-Marie Le Pen, avait représenté un séisme politique qui continue de hanter les socialistes. Ceux-ci y font régulièrement référence pour appeler les électeurs de gauche au "vote utile" et éviter un éparpillement des voix au 1er tour.

Lionel Jospin, qui avait tenté un "come-back" politique à la faveur de ce scrutin présidentiel, garde l'image d'un gestionnaire rigoureux dont le gouvernement (1997-2002) avait réussi à faire baisser le chômage.

Son intégration à l'équipe de campagne ainsi que celles de Laurent Fabius, lui aussi ancien Premier ministre, et de Dominique Strauss-Khan, ex-ministre des Finances, pourraient aider Mme Royal face aux attaques récurrentes de ses adversaires sur son "inexpérience" et le manque de cohérence économique de ses propositions.

"Tout le monde est rassemblé dans cette phase décisive de la campagne", s'est félicitée Mme Royal, en précisant que le "groupe des 13" serait chargé d'"animer et de tenir des réunions à travers le pays".

L'annonce survient alors que les 28 sondages réalisés depuis l'investiture mi-janvier de Nicolas Sarkozy par l'UMP (droite, au pouvoir) prédisent une victoire de ce dernier en cas de duel final avec Mme Royal.

Mais après être monté jusqu'à 10 points (55 pc contre 45pc), l'écart s'est resserré, revenant à 51-49 ou 52-48 dans deux sondages réalisés après une émission télévisée cette semaine où la candidate socialiste est apparue très à l'aise en répondant à un panel de 100 Français.

Parmi les autres "éléphants" désormais réunis autour de Mme Royal figurent l'ancienne ministre Martine Aubry, à l'origine de la réforme très controversée sur les 35 heures de travail hebdomadaire, le maire de Paris Bertrand Delanoë et le fondateur de Médecins sans frontières Bernard Kouchner.

Photo Belga

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