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Russes et Européens pourraient créer vaisseau habité

Les agences spatiales russe Roskosmos et européenne Esa négocient la création en commun d'un vaisseau spatial habité susceptible d'être lancé par une fusée russe Soyouz depuis le centre spatial de Kourou, en Guyane française, ont indiqué jeudi le constructeur russe RKK Energuia et l'Esa.

(afp) Cet appareil serait construit sur la base de la version modernisée du vaisseau russe Soyouz et pourrait être lancé dès 2010 par un lanceur russe Soyouz-2, a précisé le président de RKK Energuia, Nikolaï Sevastianov, cité par l'agence de presse russe Itar-Tass. "L'Esa a pris une décision au sujet de ces travaux et a déjà alloué cette année 20 millions d'euros pour leur préparation", a déclaré M. Sevastianov depuis le centre spatial russe de Baïkonour, au Kazakhstan. Daniel Sacotte, directeur des vols habités à l'Agence spatiale européenne (Esa), contacté par l'AFP, a confirmé que des discussions étaient en cours à ce sujet avec les Russes mais aussi les Japonais. Il s'agit de développer un vaisseau capable d'assurer "les transferts d'équipage" vers la station spatiale internationale (ISS) et de participer, à plus long terme, au grand programme d'exploration lunaire engagé par les Américains, a-t-il expliqué.

Des études approfondies ont été financées et lancées, a indiqué M. Sacotte, qui ne dément pas le chiffre de 20 millions d'euros. L'objectif est de pouvoir faire une proposition lors de la réunion ministérielle de l'Esa fin 2008. "Si on peut prendre une décision en 2008, la date de 2010 pour un premier lancement paraît très optimiste", a souligné M. Sacotte. Le système russo-nippo-européen serait "une évolution du système Soyouz actuel (lanceur + capsule).

Les Européens insistent pour qu'il ait "une compatibilité Kourou", même si cela ne veut pas dire obligatoirement qu'il sera lancé depuis le centre spatial guyanais, a-t-il précisé. "Il y a des risques de se reposer sur un seul système de lancement", a ajouté le responsable européen, en référence à la paralysie de l'ISS entraînée par les déboires des navettes spatiales américaines, pour expliquer une des raisons d'être de ce projet. "D'où l'intérêt de développer une redondance". Cela se fait "en bonne harmonie avec la Nasa", même si cette dernière n'est pas ouverte à une coopération internationale sur son propre système de lancement Orion, développé spécifiquement pour l'exploration de la Lune, a-t-il encore déclaré.

Photo Belga

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