"Sex in the city" à Londres

Dans le coeur de Londres, une nouvelle attraction vient d'ouvrir ses portes : "Amora, l'Académie du sexe et des relations" décline l'amour sous tous ses modes.

(afp) Nichée entre Leicester Square, le quartier des théâtres, et les fameuses enseignes électroniques de Piccadilly Circus, Amora reste à l'abri du grouillement des rues avoisinantes. Mais derrière ses murs, l'Académie promet de faire sortir de leur coquille ses visiteurs les plus discrets et d'étonner les plus extravertis. "Nous nous différencions consciencieusement d'un musée: nous parlons du sexe aujourd'hui et demain, pas dans le passé", affirme à l'AFP le fondateur et président d'Amora, Johan Rizki. "Le musée du sexe d'Amsterdam est sordide; New York est plutôt ennuyeux", ajoute ce Français vivant à New York. Les curieux descendent un escalier, accompagnés de murmures suggestifs s'échappant des murs rouges, pour se voir offrir un cocktail aphrodisiaque à l'entrée. Amora privilégie les effets visuels et sonores, l'interactif, pour explorer les comportements sexuels. Ecrans tactiles, objets à manipuler -godemichés, imitations de vagins, fausses poitrines montrant comment détecter de possibles tumeurs-, écrans vidéos, audio-guide, modèles à taille humaine, animations par ordinateurs, expositions murales sous des éclairages évocateurs : la panoplie est riche. L'espace est divisé en sept zones, mêlant connaissances scientifiques et divertissements et couvrant tous les aspects des relations sexuelles, de l'art de la séduction aux techniques sexuelles, en passant par les zones érogènes, les fantasmes ou la santé sexuelle.

"Mon idée était de créer un endroit où parler de sexe, mais d'une manière amusante, intéressante, moderne", explique M. Rizki. "Personne auparavant n'a jamais amené l'amour dans un espace physique où il est accessible aux gens", assure-t-il. "Nous avons des thérapeutes du sexe que les gens peuvent voir et à qui ils peuvent poser des questions, des ateliers, des universitaires qui tiennent des débats." Dans la section Sexplorium, un jeune couple enlacé regarde un vidéo clip sur des accessoires sexuels. Dans la zone Fantasy and Fetish, deux jeunes femmes ricanent en s'exerçant sur un appareil qui enregistre la force des fessées qu'elles distribuent. Chloe et Hannah, deux Londoniennes de 18 ans, se sont précipitées à l'Académie.

"Nous l'avons vue à la télé et avons pensé venir. Nous aimons les choses différentes", raconte Chloe. Un jeune homme en short dit combien il lui semble "important que les jeunes aient toutes les informations nécessaires sur le sexe, afin qu'ils puissent décider". M. Rizki, diplômé de la Harvard business school, table sur 500.000 visiteurs lors des deux premières années, pour rentabiliser un investissement de 7 millions de livres (10 millions d'euros). "Ma première motivation est de rendre le monde plus sexy et d'aider les gens à piquer quelques conseils et trucs qui peuvent faire la différence dans leurs vies", dit-il. "En Grande-Bretagne, il y a un désir d'apprendre et d'apprendre sur l'amour.

Les gens sont attirés par les choses du sexe. Les Britanniques sont bien plus intelligents que le portrait que l'on fait d'eux ne le laisse croire", poursuit-il. Le concept ne fait cependant pas taire tous les sceptiques. "Le problème est qu'on a rendu le sexe si glamour que les gens ne se sentent pas bien s'ils ne se montrent pas à la hauteur de leur imagination", a estimé, pour le Guardian, Kaye Wellings de la London school of hygiene and tropical medicine. "Si l'Académie du sexe fait cela, c'est une honte", a-t-elle avancé. Il en coûte 12 livres (18 euros) avant 17h00 et 15 livres (22 euros) jusqu'à minuit, sept jours par semaine, pour visiter Amora. L'ouverture de centres identiques est envisagée à Paris, en Allemagne et aux Etats-Unis.

Photo Belga

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