Tony Dolphin, Director of Economics and Strategy, Henderson Global Investors

L'économie mondiale : inflation ou ralentissement de la croissance économique?

Les deux. Les prix plus élevés de l'énergie et des autres matières premières continuent d'exercer une pression à la hausse sur l'inflation pour les mois à venir, tout comme le fera la pression des salaires sur certains marchés.

L'économie mondiale connaît à présent un certain ralentissement, les travailleurs et les producteurs ont quelque peu regagné en pouvoir de fixation du prix (pricing power) et le risque d'une augmentation du taux d'inflation de base persiste. Les pressions inflatoires subsisteront jusqu'à ce que la croissance ralentisse, ce qui est probable dans les mois à venir. Après tout, les banques centrales haussent les taux d'intérêts précisément dans le but de ralentir la croissance et de diminuer l'inflation. Les conditions monétaires se sont également resserrées suite aux rendements plus élevés des obligations et la baisse récente des actions a également froissé la confiance. Nous estimons que la politique s'est suffisamment resserrée pour permettre un soulagement au niveau des pressions d'inflation début 2007, mais les banques centrales ont clairement l'intention de ne courir aucun risque et les taux d'intérêts vont probablement continuer à augmenter.

L'euro: au-dessus ou en-dessous de 1,30 dollar pour 1 euro?

Il est probable que l'euro montera au-delà de 1,30 USD. Le déficit américain s'élève à 6% du PNB et aucun pays n'a jamais maintenu un tel déficit sans avoir connu à terme une chute importante de la valeur de leur monnaie. Les Etats-Unis peuvent peut-être tenir plus longtemps que d'autres pays, étant donné que le dollar est la monnaie de réserve du monde, mais en fin de compte ils vont avoir des problèmes d'ordre financier et la valeur du dollar connaîtra une nouvelle baisse. Dans une zone telle que la zone euro, où il n'est pas clairement établi qui est responsable de la politique des taux d'échange et qui pourrait agir dans le but d'empêcher une hausse de l'euro, les marchés financiers tireront le dollar vers le bas en premier et ceci par rapport à l'euro dans la plus part des cas. La réduction du déficit américain requière un dollar bon marché comparé aux autres devises durant plusieurs années.

Le BEL20: vers les 3.000 ou vers les 4.000 points?

Durant les mois à venir, les bourses resteront probablement volatiles et pourraient connaître une nouvelle baisse si les investisseurs continuent à se préoccuper de la croissance, de l'inflation et des taux d'intérêts. Mais les marchés ne sont pas aussi surévalués qu'ils ne l'étaient par exemple en 2000 et sous certains aspects, il y a des valeurs raisonnables, et parfois même bon marché. En plus, bien que nous nous trouvions clairement dans une partie moins favorable du cycle économique des bourses, il n' y a aucune indication que nous soyons sur le bord d'une crise économique sérieuse - que se soit une récession internationale ou une hausse d'inflation sur le moyen terme. Ceci étant le cas, les risques de baisses importantes au niveau des marchés des actions demeurent faibles et il est plus probable que le Bel20 atteigne les 4000 qu'il descende aux alentours de 3000 - quoi qu'il pourra prendre son temps pour y arriver.

L'or: vers les 500 ou vers les 750 dollars l'once?

La plupart du temps, l'or est considéré comme une valeur alternative prisée quand aucune des autres monnaies importantes n'est attractive, mais tombe en disgrâce dans les autres cas. La perspective d'une faiblesse du dollar américain alors que les taux d'intérêts asiatiques et européens sont relativement bas et que la croissance n'est dynamique dans aucune des deux régions devrait constituer une situation propice à l'augmentation du prix de l'or. Mais les derniers mois, l'or est passé sous l'influence de spéculateurs qui ont également haussé le prix d'autres métaux - à savoir le cuivre, le nickel et le zinc - à des niveaux ridicules. Il y a un risque que ces prix baissent sérieusement dans les mois à venir, y compris le prix de l'or. Nous penchons donc vers un prix de l'or de 500 dollars l'once.

Le pétrole: vers 50 ou 90 USD/le baril?

La réponse à cette question est extrêmement difficile. Le jeu de l'équilibre entre l'offre et la demande au niveau du marché du pétrole justifie probablement un prix de 50 dollars le baril - un prix dont on pourrait attendre qu'il baisse dans les prochains mois, l'offre répondant aux prix élevés en permanence. De plus, le prix inclut un élément de spéculation et une prime raisonnable de risque pour couvrir de potentielles perturbations au niveau de l'offre dans un futur proche. Alors que l'offre et la demande sont assez prévisibles, l'élément spéculatif et la prime de risque ne le sont pas. Une prévision plus conservatrice serait que le prix du pétrole maintienne son niveau actuel. A court terme, les risques feront pencher le prix le pétrole 90 dollars - peut-être à cause d'une coupure inattendue dans l'offre.

Les taux à 10 ans : plus haut ou plus bas?

A la baisse, mais pas trop. Les courbes de rendement sont relativement plates et à court terme, les taux d'intérêt ont augmenté. Mais les conditions économiques sont susceptibles d'être plus favorables pour les obligations au second semestre. Initialement, la croissance de la production devrait ralentir, et les pressions inflatoires devraient ensuite s'estomper. Ceci devrait permettre de meilleurs temps sur les marchés des obligations.

La stratégie d'investissement à adopter: défensive ou dynamique?

Suite à la récente correction, des opportunités d'achat se sont-elle crées ou est-il encore trop tôt pour reprendre position? Si oui, quels seraient les thèmes ou secteurs que vous privilégieriez?) Dans les circonstances actuelles, nous recommandons d'adopter une stratégie d'investissement défensive. La volatilité des marchés va probablement rester élevée pendant plusieurs mois et le marché des actions pourrait décliner davantage. Les marchés émergents vont probablement continuer à sousperformer. Il est trop tôt pour chercher de nouvelles opportunités. Quand les bourses reprendront finalement le chemin de la hausse, nous nous trouverons dans une partie plus mature du cycle du marché. Dans cette phase, les marchés sont essentiellement portés par la croissance des revenus, donc les profits vont être plus modestes qu'ils ne l'ont été durant les trois dernières années - atteignant peut-être une moyenne annuelle de 10 % dans le meilleur des marchés développés, comparé au double obtenu depuis mars 2003. Comme la croissance ne sera pas omniprésente, les sociétés ayant démontré une croissance persistante des revenus excédant la moyenne seront probablement favorisées. Les marchés développés pourraient continuer à montrer une bonne performance en comparaison aux marchés émergents, et les actions à grande capitalisation auront une meilleure performance que celles à capitalisation plus faible.

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