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UE : les biocarburants poussent à la remise en culture de terres agricoles

Les biocarburants, destinés à pallier en partie la pénurie prévisible de pétrole et réduire les émissions de gaz à effet de serre, vont mobiliser de plus en plus de productions agricoles, obligeant l'Union Européenne à remettre en culture les terres en jachère.

(afp) L'Union européenne a fixé à 10% le niveau de biocarburants dans les carburants à atteindre en 2020, contre une estimation de 1,6% du total en 2006.Il existe deux principales familles de biocarburants: les éthanols, connus aussi sous le nom de "bioessence", réservés aux moteurs à essence, et les biodiesels pour les véhicules roulant aux diesels.

Pour le moment, le biodiesel est beaucoup plus utilisé que l'éthanol en Europe dans une proportion de 80%-20%. Mais à l'avenir ce rapport pourrait évoluer avec l'apparition de voitures équipées de moteurs "bi-combustible" (dits "flex-fuel"), utilisant au maximum de 85% d'éthanol pour 15% d'essence.Les éthanols sont issus de la betterave à sucre, du blé, du maïs ou de la canne à sucre.

Le procédé consiste à en extraire le sucre, directement ou par hydrolyse de l'amidon pour le blé, pour le faire ensuite fermenter et le transformer en éthanol.Les biodiesels, de leur nom scientifique Ester méthyliques d'huiles végétales (EMHV), sont extraits de la transformation des huiles végétales (colza, tournesol, soja et palme), dont on obtient des esters d'huiles pour les mélanger aux diesels."La mise en place des biocarburants ne va mobiliser que 5% des volumes agricoles en Europe", souligne Jean-François Loiseau, président du groupe bioénergies de Passion Céréales, l'association de promotion des céréales françaises.

L'actuelle forte hausse des prix des céréales s'explique plus par la demande grandissante de pays émergents comme la Chine et l'Inde, la sécheresse en Australie et les mauvaises récoltes en Europe de l'Est, indique M. Loiseau.

Contrairement au Mexique, pays où le cours du maïs compte pour beaucoup dans le prix final de la tortilla (galette de maïs), en Europe la part des céréales a désormais peu de poids dans la détermination du prix final payé par le consommateur, par exemple pour une baguette de pain en France ou des pâtes en Italie.L'association générale des producteurs de blé (AGPB) a ainsi calculé que le prix des céréales n'entrait, en France, que pour 4,2% dans le prix d'une baguette, de 6,6% pour 1kg de longe de porc et au maximum de 9,8% pour 1kg de poulet prêt à cuire.Pour M. Loek Boonekamp, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), une hausse de 20% des matières agricoles de base ne se traduit que par une hausse de 1% du prix d'un produit alimentaire en magasin.

Mais, pour faire face à la baisse de la production mondiale de céréales, la Commission européenne a annoncé mi-juillet qu'elle allait proposer d'autoriser les agriculteurs à mettre fin aux jachères obligatoires en vigueur depuis 1998 pour les producteurs de céréales et d'oéléoprotéagineux.

La suppression de la jachère, qui est appliquée actuellement à 10% des terres céréalières et d'oléoprotéagineux de l'Union, soit 3 millions d'hectares, devrait permettre d'augmenter la production de 10 à 17 millions de tonnes en 2008, selon la Commission, ce qui devrait contribuer à calmer la flambée des prix agricoles.

Photo belga

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