«Il faut ramener l'impôt des sociétés à 20%»

Le terrain de prédilection du MR, c'est bien entendu la fiscalité. C'est pourquoi ce volet occupe une place importante dans le programme libéral.

(l'écho) La première ambition du MR, c'est de ramener la fiscalité des entreprises (ISoc) à un niveau proche de la moyenne en Europe, c'est-à-dire aux alentours de 25%. «Venant d'un taux de 40%, nous sommes aujourd'hui à 33,99%. Si on enlève les intérêts notionnels, on obtient un taux moyen de 25%, selon le volume de capitaux propres dans l'entreprise», constate Sabine Laruelle. «Nous visons un taux de 20% pour la prochaine législature, en tenant compte des intérêts notionnels.» Ce qui signifie une réduction supplémentaire de l'ISoc de 5%. «Nous avons prouvé qu'une diminution de la pression fiscale ne signifie pas nécessairement moins de recettes pour l'état. Dans bien des cas, on a dynamisé l'activité économique, ce qui a généré des recettes supplémentaires», fait remarquer la ministre.

Du côté des personnes physiques, la priorité du MR consiste à ralentir la progressivité de l'impôt. «Il faut élargir les tranches barémiques, pour éviter de payer trop vite 40%. D'autre part, il faut relever le seuil salarial à partir duquel on commence à payer d'impôt», suggère Sabine Laruelle, pour qui le revenu garanti peut servir de seuil de référence en la matière. «Non seulement, il s'agit de rendre du pouvoir d'achat aux personnes qui gagnent le moins. Mais il s'agit aussi d'augmenter le différentiel entre l'allocation de chômage et le bas salaire afin d'enrayer les pièges à l'emploi», précise-t-elle.

En matière sociale, le MR a choisi deux angles d'attaque : le statut social des indépendants et les cotisations sociales. «Même l'opposition reconnaît qu'il y a eu une réelle avancée sous cette législature en ce qui concerne le statut social des indépendants. Il reste cependant quelques points à améliorer ou à finaliser», souligne Laruelle, pointant notamment l'écart entre la pension minimale des indépendants et celle que touchent les salariés. L'écart initial de 250 euros a été comblé à hauteur de 200 euros. La ministre MR propose donc de terminer l'opération de rattrapage en comblant au plus vite l'écart de 50 euros qui subsiste encore.

L'autre opération de rattrapage qui reste à finaliser concerne les allocations familiales. «Nous avons augmenté de façon substantielle l'allocation familiale pour le premier enfant chez les indépendants, fixée aujourd'hui à 60 euros (contre 39 auparavant) par rapport aux 77 euros pour le premier enfant chez les salariés. Il reste donc 17 euros à combler.»

Baisses de charges linéaires

Pour stimuler l'embauche, les libéraux prônent une diminution linéaire des charges sociales. «Nous avons accordé des allégements ciblés sur certains secteurs, comme l'automobile, ou sur certaines catégories d'âge, comme les jeunes ou les travailleurs âgés. Mais ce faisant, un grand nombre de PME et TPE passent complètement à côté de ces aides, alors qu'elles représentent un très gros réservoir d'emplois. D'où la nécessité de procéder à une réduction linéaire», justifie Sabine Laruelle.

Cette approche se justifie également, selon elle, par un souci de simplification. «Un investisseur étranger va d'abord regarder le coût général du travail en Belgique, sans tenir compte des aides spécifiques», confirme Serge Lamisse (IBt).

Recherche et formation

Cela ne devrait toutefois pasempêcher une approche spécifique en matière de recherche et d'innovation. «Beaucoup a été fait pour l'automobile, les jeunes, les aînés et les bas salaires», constate Sabine Laruelle. «Pour les années à venir, ce sont la recherche et l'innovation qui devront recevoir une attention particulière: c'est la clé à la fois des emplois futurs et du défi climatique qui nous attend», estime la ministre MR.

La formation, enfin, demeure une préoccupation majeure pour les entrepreneurs. «Engager coûte cher et on y réfléchit toujours à deux fois avant d'accroître les effectifs», explique Luc Lorio (Ixina). «Encore faut-il trouver des candidats valables…»

Sabine Laruelle plaide pour sa part pour qu'une réflexion soit lancée sur le thème de l'«immigration économique» pour pallier certaines pénuries de main-d'oeuvre. J.-P. B. et C.D.C.

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