Prêts hypothécaires | "Si ça continue, nous allons devoir intervenir"

La BNB s'inquiète du relâchement des normes par les banques dans l'octroi de crédits hypothécaires. Et notamment l’augmentation de la somme empruntée par rapport à la valeur du bien.

Le gouverneur de la Banque nationale n’a pas caché son insatisfaction par rapport à la politique des banques en matière de crédits hypothécaires. "Si cela continue, nous allons devoir intervenir", a-t-il menacé.

Quel est le problème? Au cours des trois premiers trimestres de 2018, le montant de nouveaux crédits hypothécaires a dépassé les remboursements de 6,1 milliards d’euros. Le rythme de progression annuelle des crédits immobiliers est, lui aussi, resté élevé toute l’année, s’affichant à 5,8% en novembre, contre 5,6% fin 2017. Résultat: l’endettement hypothécaire des ménages a atteint plus de 230 milliards d’euros. Au total, l’endettement des ménages belges s’est établi à 60,6% du PIB fin juin 2018, contre 57,8% en moyenne dans la zone euro.

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Malgré les mesures macro-prudentielles plus restrictives adoptées par la Banque nationale en mai 2018, les banques affirment ne pas envisager de resserrement à court terme des critères d’octroi de crédits au logement, principalement en raison de la concurrence qui joue sur le marché.

Incitants

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Sur le terrain, on observe plutôt un relâchement des normes de crédit sur les prêts au logement, notamment au travers de l’augmentation de la somme empruntée par rapport à la valeur du bien. Les banques hésitent de moins en moins à franchir la barre des 90%.

"La loi de 1996 est sans doute un peu rigide."
Pierre Wunsch
Gouverneur

De leur côté, les ménages ont été encouragés à souscrire des crédits immobiliers par les taux bas et par certaines modifications apportées à la fiscalité. Ainsi, en Wallonie, le taux de 15% sur les droits d’enregistrement pour une troisième habitation a été ramené à 12,5%, qui est le taux applicable à toutes les habitations. Une exonération des droits d’enregistrement a par ailleurs été introduite sur la tranche initiale de 20.000 euros pour une première habitation.

En Flandre, le gouvernement a ramené les droits d’enregistrement de 10 à 7% pour l’acquisition d’un premier bien. Et pour un bien de moins de 200.000 euros, la première tranche de 80.000 euros est exonérée. À Bruxelles, c’est la première tranche de 87.500 euros qui a été exonérée.

Or, les crédits immobiliers ne sont pas sans risque pour les personnes fragilisées. À la moindre remontée des taux, celles-ci risquent de se retrouver dans une situation compliquée. D’où l’avertissement très clair formulé dans le préambule du rapport. "La Banque surveille de près l’incidence de cette mesure (de mai 2018, NDLR) sur les prêts hypothécaires et pourrait envisager des mesures complémentaires en cas de nouvel accroissement des risques." 

 

Le rapport annuel 2018 de la Banque nationale épingle un relâchement des normes de crédit sur les prêts au logement et le retard pris dans l’assainissement budgétaire. Elle souligne en revanche la progression du pouvoir d’achat, grâce surtout au tax shift et invite à assouplir la loi de 1996.

Les analyses économiques de la Banque nationale

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