Où vous situez-vous sur l'échelle de la fatigue? Voici les résultats

©Dieter Telemans

Où vous situez-vous sur l’échelle de la fatigue? Vous avez été plus de 8.000 à faire le test conçu par Bright Link, spin-off de l’UCLouvain spécialisée dans la prévention du burn-out. Et voici ce que cela donne.

Et vous, où vous situez-vous sur l’échelle de l’épuisement? Pendant dix jours, L’Echo et De Tijd vous ont proposé de faire le test conçu par Bright Link, une spin-off de l’UCLouvain spécialisée dans la prévention du burn-out. Vous êtes 8.247 à avoir rempli ce questionnaire de plus de 150 questions et à avoir reçu dans la foulée un rapport personnel analysant votre niveau de fatigue et identifiant vos sources de stress et d’énergie.

Ce test sonde en profondeur les répondants sur de nombreux aspects de leur job (charge de travail, management, horaires, qualité des relations, sens, etc.) mais aussi sur d’autres dimensions de leur vie: déplacements, degré de connectivité, finances, santé physique, famille, loisirs, émotions, etc.

L’exercice étant confidentiel, seules les données anonymes agrégées sont connues de Bright Link. La start-up nous les a partagées. Certains résultats sont saisissants.

Premier chiffre marquant, quatre répondants sur dix (37%) sont en risque d’épuisement. "C’est deux fois plus que le score moyen (18%) de nos observations en entreprise, situe Olivier Bomboire, le CEO de Bright Link. Cela s’explique par le contexte de cette enquête. En entreprise, tous les employés sont invités (sans obligation) à participer à l’enquête et, en moyenne, 75% le font. Le spectre couvert est donc large. Cette fois, c’est différent: les personnes qui ont participé à l’enquête de L’Echo et du Tijd l’ont fait de leur plein gré, étaient vraisemblablement sensibles à la problématique du burn-out et, pour certaines d’entre elles, déjà concernées par un épuisement ou une fatigue chronique. D’où ce niveau de fatigue globalement plus élevé. Mais c’est très bien car le but était là: sensibiliser au risque d’épuisement, dans une optique de prévention."

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Les résultats agrégés ne sont donc pas statistiquement représentatifs. Ils n’en indiquent pas moins des tendances intéressantes à relever. "Globalement, l’organisation du travail (61%), la quantité d’e-mails reçus (60%), les traits personnels des répondants (60%), la charge de travail (59%), le manque de pratique de sport et loisirs (59%) permettant de se ressourcer, mais aussi l’hyperconnectivité (56%) sont les facteurs de stress les plus importants", note Bright Link. La tranche d’âge la plus touchée par une fatigue moyenne à élevée va de 30 à 50 ans (40% de répondants). On est plus en forme avant ou après. Que retenir d’autre?

Francophones "plus fatigués"

Bright Link entrevoit une "fracture communautaire" sur la question de la fatigue. Les répondants francophones sont en effet 44% à être en risque d’épuisement, contre 31% pour les néerlandophones. Dans presque tous les domaines (travail, déplacements, technologies, vie privée, etc.), les répondants francophones témoignent d’un stress ressenti plus élevé qu’au nord du pays, sauf pour ce qui concerne l’hyperconnectivité, la quantité d’e-mails reçus, la santé et la nutrition.

"C’est frappant en effet", note Olivier Bomboire. "On constate une Flandre moins exposée à la fatigue globale que Bruxelles ou la Wallonie. C’est très net notamment pour toutes les dimensions professionnelles (directives de travail contradictoires, conditions de travail, management, etc.) sauf pour la charge de travail qui est ressentie plus négativement en Flandre. Par ailleurs, l’hyperconnectivité pèse plus en Flandre."

La tension ne se limite pas aux employés mais démarre au contraire en haut de la structure.
Olivier Bomboire
CEO de Bright Link


Olivier Bomboire y voit aussi la trace de réalités économiques différentes. "On note par exemple que les finances personnelles sont un facteur de stress pour 63% des répondants francophones, contre 47% côté flamand. L’écart est frappant mais pas si surprenant, puisque le contexte socio-économique n’est pas le même dans les deux Régions."

Les femmes plus menacées

Autre tendance flagrante, les femmes (41% des répondants) témoignent d’une fatigue plus élevée en moyenne: 48% sont en risque d’épuisement, contre 28% du côté des hommes. "Les femmes sont plus exposées à la fatigue chronique et à l’épuisement, nous le constatons systématiquement dans nos enquêtes en entreprise, cela se vérifie de manière très nette ici aussi."

Forte charge chez les cadres

Des contrastes apparaissent aussi selon le statut des répondants. En résumé, la fatigue ressentie diminue à mesure que l’on monte dans la hiérarchie: 44% d’employés en risque d’épuisement (3.200 répondants), 35% chez les cadres (2.500 répondants), 26% parmi les membres de la direction (1.500 répondants). On n’en conclura pas pour autant que managers et dirigeants sont immunisés contre le stress et l’épuisement. Ainsi la charge de travail est davantage vécue comme un problème chez les dirigeants (65%) et les cadres (60%) que chez les employés (53%). Idem pour l’hyperconnectivité, qui pose problème à quatre dirigeants sur cinq (78%).

Comment l’expliquer? "La pression de la transformation digitale, couplée à la gestion des coûts, amène les décideurs à mener des politiques de changement et de redirection rapides, avance Bright Link. La tension qui en résulte ne se limite pas aux employés mais démarre au contraire en haut de la structure."

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