Vous craignez le burn-out? Informez-vous!

©©LWA-Stephen Welstead/CORBIS

La ministre Maggie De Block lance une campagne de prévention sur le burn-out. "Trouver des informations correctes sur le stress ou le burn-out n’est pas facile", constate-t-elle. Désormais, les travailleurs, leur entourage et leurs employeurs pourront se référer à un site internet.

La Belgique compte plus de 415.000 malades de longue durée (plus d'un an), un record. 130.000 salariés et 5.600 indépendants sont confrontés à des affections mentales pendant plus d’une année. Et parmi ceux-ci, nombreux sont les travailleurs à être en burn-out. Difficile de les compter: il n’existe pas de diagnostic officiel pour le burn-out et plusieurs définitions existent.

Baromètre de l'épuisement

"Ça va, toi? T’as l’air crevé."

1 salarié belge sur 5 est en risque d’épuisement. C’est le cas d’Olivier, un quadra qui frôle le burn-out. Découvrez son histoire et faites le point sur votre situation. Découvrez notre grand format >

La ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Maggie De Block (Open Vld) lance une campagne visant la prévention, la détection et la guérison du burn-out. Cette campagne est associée à un site internet sur lequel sont proposés informations et conseils. 

→ Consultez ici le site stressburnout.belgique.be

Témoignage

"La façade est intacte mais l'intérieur est cramé"

Anne Everard dirigeait sa propre agence de communication. Elle a connu un burn-out sévère dont elle est sortie, mais non sans une réorganisation complète de sa vie. Retrouvez ici son témoignage.

Le site s'adresse aux travailleurs (salariés, fonctionnaires, indépendants...) mais aussi à à leur entourage, aux professionnels de la santé et aux employeurs. On y trouve notamment des réponses à ce type de questions:

  • Qu'est-ce qu'un burn-out?
  • Comment prévenir le burn-out?
  • Comment se reconstruire?
  • A qui s'adresser?
Les stades du burn-out
Avant d’atteindre le stade du burn-out avéré, plusieurs stades sont observés

Isabelle Hansez, psychologue et professeur à l’ULiège, en résume les grandes caractéristiques.
• Stade 0. L’enthousiasme
C’est le stade d’avant les problèmes. Le travail est idéalisé, le travailleur est ambitieux. Sa performance est élevée, il manifeste des capacités d’autonomie, a un bon contact avec les collègues. Il s’identifie fortement à son organisation, s’investit dans son travail, ce qui lui procure beaucoup d’énergie. Bref, tout va bien.
• Stade 1. Le surinvestissement
Des doutes apparaissent sur son efficacité, sur la pertinence et la valeur du travail. Celui-ci se vide de sens. Et le travailleur compense: hyperactivité, surinvestissement, rythme de travail excessif, jusqu’à l’épuisement.
• Stade 2. La désillusion
On bascule dans la déception, la désillusion: remise en cause du travail comme voie d’épanouissement, rejet des valeurs associées au travail. Des mécanismes de défense se mettent en place. Les premiers signes cliniques apparaissent: impatience, irritabilité, troubles somatiques. Le comportement se modifie (cynisme, isolement), le travailleur devient insensible, ne ressent plus d’émotions, il éprouve des difficultés à garder une image positive de soi-même. Absences régulières et difficultés d’adaptation au retour. Le mal-être au travail contamine la sphère privée.
• Stade 3. Le burn-out avéré
L’idéal d’un travail épanouissant s’éteint complètement. Le doute s’étend à toute l’identité du travailleur. L’incapacité à travailler s’accompagne d’un sentiment de honte. Perception d’incompréhension par l’entourage, risque de développer un état dépressif. Besoin de temps pour accepter ce qui arrive et admettre le diagnostic. 

Questions au Dr. Patrick Mesters

Directeur de l’Institut européen de recherche sur le burn-out

1. Quels sont les dangers spécifiques auxquels les indépendants sont exposés par rapport au burn-out?

Il y a d’abord la charge de travail. L’indépendant doit tout faire: servir les clients, gérer son personnel, sa trésorerie, son administration, ses impôts, planifier pour le futur. Ensuite, il y a la faiblesse du support de l’environnement social, surtout pour ceux qui travaillent seuls. Enfin, la passion du métier peut également constituer un danger. Lorsque vous êtes seul et passionné par ce que vous faites, vous ne voyez pas forcément les limites à ne pas franchir. Les entrepreneurs isolés sont davantage exposés au risque de burn-out.

2. Les indépendants ne sont-ils pas plus souvent dans le déni?

Souvent, c’est parce qu’ils n’ont pas le choix. Même lorsqu’ils ont une grippe, ils restent souvent sur le pont. Ils encaissent jusqu’à ce qu’un jour, le fil casse. Cela commence le plus souvent par des douleurs musculaires (le dos, la nuque, les bras), des troubles du sommeil, maux de tête, anxiété, dépression.

3. Quels profils d’indépendants sont les plus exposés au risque de burn-out?

Les jeunes indépendants en raison de la précarité de leur situation. Les femmes également car elles ont souvent une famille dont elles doivent s’occuper. Enfin, il y a les secteurs à forte concurrence comme la construction ou le commerce de détail.

4. Quels conseils préventifs pouvez-vous donner?

Il faut conserver un réseau social. Lorsqu’on est seul, on n’a pas toujours la reconnaissance nécessaire. Or la reconnaissance aide à supporter le poids du métier. Ensuite, il faut se faire aider par un coach, même s’il faut être prudent dans le choix de cette personne. Idéalement, ce devrait être quelqu’un qui a été indépendant, car la mentalité est très différente par rapport aux salariés et aux fonctionnaires. Enfin – et cela vaut pour tous les travailleurs – il faut savoir prendre du repos, dormir convenablement et faire de l’exercice physique.

Bref, il faut prendre un minimum soin de soi.

Lire également

Publicité
Publicité