chronique

Le sprint boursier de fin d'année a débuté

Qui sera le grand vainqueur de l’année boursière? La Chine, qui fait la course en tête, ou les Etats-Unis dans un rôle de challenger? Oui, ce sont ces deux pays qui se livrent une guerre commerciale féroce…

Si Donald Trump et Xi Jinping investissent en Bourse, ils doivent bien rire. Car au-delà de la guerre commerciale qui envenime les relations entre leurs deux pays, leurs marchés boursiers tiennent la forme. Une forme olympique même. La Bourse chinoise pourrait même décrocher la médaille de la meilleure performance de l’année parmi les grands marchés. L’indice China Securities Index (CSI 300), qui reprend les 300 principales entreprises cotées à Shanghai et Shenzhen, est en progression de 31% depuis le début de l’année. Par comparaison, l’indice américain Standard and Poor’s 500, qui a battu de nouveaux records historiques, affiche une avance de quelque 23%. Il reste sept semaines pour départager les candidats à la victoire finale.

Si Donald Trump et Xi Jinping investissent en Bourse, ils doivent bien rire.

Mais comment expliquer que malgré la guerre commerciale, ces deux (grands) pays tirent leur épingle du jeu? La réponse d’un spécialiste est simple: ils sont moins tributaires des exportations (que l’Europe par exemple) et sont tirés par la demande domestique. Et cette demande reste soutenue. Surtout aux Etats-Unis. En Chine, la croissance ralentit mais les investisseurs ont redécouvert les attraits de la Bourse après la chute de 25% l’an dernier. À noter que tous les marchés chinois ne sont pas logés à la même enseigne. Ainsi Hong Kong, empêtré dans ses problèmes politiques, limite sa hausse à 7% cette année.

Ceci étant, l’Europe n’a nullement à rougir de ses performances. Si pour des raisons politiques, Londres et Madrid sont un peu à la traîne (+ 10%), les autres grands marchés affichent des hausses de 20 à 25%. La Grèce affiche même un bond de 40% (tout comme la Russie d’ailleurs).

Il y a manifestement un petit emballement boursier qui est à l’œuvre ces dernières semaines dans l’anticipation d’un accord commercial entre la Chine et les USA (même s’il faut rester prudent en la matière tant Donald Trump a l’art de souffler le chaud puis le froid). Par ailleurs, il y a aussi ce sentiment encore diffus que le creux économique a été dépassé. En témoigne, petit événement, le retour en territoire positif des taux de rendement à 10 ans des obligations françaises et belges. Mais, là aussi, d’autres indicateurs conjoncturels seront nécessaires pour confirmer la tendance.

Toujours est-il que des flux d’argent quittent les obligations pour se repositionner sur les actions. Chez Bank of America Merrill Lynch, on est même d’avis que la bulle obligataire est en train de muter et de se transformer en bulle des actions. Ceci n’est pas sans rappeler les propos tenus voici quelques mois par Larry Fink, le patron de BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs de la planète. Il pronostiquait un "melt-up" boursier. Une sorte d’emballement des cours à la hausse qui ne serait pas lié aux conditions économiques ou aux résultats des entreprises mais à la volonté des investisseurs de ne pas rater le dernier train haussier dans un contexte de taux d’intérêt qui restent au plancher. Nous y sommes.

D’autant, souligne-t-on au sein des marchés, qu’il reste beaucoup de "cash" disponible qui pourrait aisément reprendre le chemin de la Bourse. Dans certaines banques privées en Europe (Puilaetco Dewaay en Belgique), les grosses fortunes découvrent qu’elles vont désormais devoir payer pour déposer leur argent sur un compte. C’est une nouvelle donne qui pourrait les inciter à mettre tous leurs fonds en Bourse pour éviter une telle "taxe" sur la fortune.

Enfin, dernier facteur de soutien boursier, les rachats d’actions (buy-backs) par les sociétés.

Certains parlent dès lors du scénario parfait, propice au fameux "rally" boursier de fin d’année. Trop parfait? Cela reste à voir…

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