Les leçons du rebond boursier d'après-krach

©AFP

La crise de 2007-2008 avait provoqué une dégringolade de plus de 50% des marchés boursiers. Après la chute de 2000-2002, c’était un coup très dur pour l’investisseur. Mais le marché a su rebondir.

La crise financière de 2007-2008 a provoqué des secousses boursières considérables. Au total, la baisse sur les marchés a dépassé les 50%. Le problème, c’est que cette dégringolade intervenait après celle de 2000-2002 où la chute a également atteint 50%. Deux krachs boursiers pareils en l’espace de quelques années sont exceptionnels dans l’histoire. De l’avis de spécialistes boursiers, cela a découragé pas mal d’investisseurs particuliers. Et cela se peut aisément se comprendre.

Pour d’aucuns, les crises financières ont tendance à se répéter à des intervalles plus réguliers que par le passé. C’est possible. Mais en matière boursière, il est recommandé d’adopter une vue à long terme. Et ne pas oublier qu’entre la crise du début des années 2000 et la crise de 2008, les marchés ont repris 100%. En outre, depuis les plus bas de mars 2009, la Bourse américaine a rebondi de plus de 320% et connaît d’ailleurs le plus long marché haussier (bull market) de son histoire, c’est-à-dire sans chute de 20%, ce qui équivaudrait à un "bear market".

Avouons-le, il fallait toutefois un certain sens du timing boursier pour oser investir en mars 2009 alors que le pessimisme se situait à un summum.

Beaucoup de jeunes traders n’ont connu que des cours à la hausse. Ce qui n’est pas vraiment un élément rassurant.

Dans une note, la firme Schroders souligne que si l’on tient compte de tous les dividendes versés, l’augmentation du S & P 500 depuis cette date s’élève à 415%.

En réalité, depuis 1970, le S & P 500 a connu sept marchés haussiers. Et cinq d’entre eux se sont accompagnés d’une augmentation de plus de 100%.

La firme de gestion souligne qu’aujourd’hui beaucoup de jeunes traders n’ont connu que des cours à la hausse. Ce qui soit dit en passant n’est pas un élément rassurant. Car ils ne sont nullement préparés psychologiquement à subir des revers. Ils ne savent pas ce que représente un marché baissier…

À de nombreuses reprises déjà, on a pensé que ce "bull market" était à bout de souffle. Que le taureau, qui en est son symbole, devait se reposer dans sa course un peu folle. Mais à chaque fois, il a repris du poil de la bête. Et quand une valeur technologique calait un peu, c’est une autre qui prenait le relais.

Cette hausse des marchés est d’ailleurs un phénomène mondial. La Bourse allemande a progressé de 250%, tandis que les marchés boursiers britannique, chinois et japonais enregistraient une hausse d’environ 200%. La Bourse belge est restée en retrait avec + 140%.

De manière générale, les cours ont progressé grâce aux banques centrales qui ont appliqué des taux d’intérêt zéro et qui ont procédé à des rachats d’actifs (assouplissement quantitatif). Des politiques monétaires qui toutefois s’inversent progressivement dans le chef des banques centrales.

Encore de la marge?

Comme dans les années 1990, ce sont les valeurs technologiques qui ont réalisé les avancées les plus nettes. Selon Schroders, un investissement de 1.000 dollars dans le secteur technologique en 2009 représente aujourd’hui un portefeuille d’une valeur de plus de 6.300 dollars. À l’autre bout du classement, les matières premières ont été le secteur le moins performant, ce secteur se voyant déserté par la plupart des investisseurs au plus fort de la récession.

Aujourd’hui, Schroders considère que ce n’est pas (ou plus) vraiment le moment d’être surexposé à des actions américaines qui semblent chères.

D’autant que les obligations du Trésor US à court terme offrent aujourd’hui des rendements supérieurs au rendement du dividende des actions.

Les investisseurs les plus inquiets se rassureront peut-être en consultant les chiffres de First Trust. Depuis 1926, le marché baissier moyen a duré 1,4 année avec une perte cumulée de 41%.

Le marché haussier moyen a quant à lui duré 9 ans avec un return cumulé de 476%. Sur cette base historique, il reste encore de la marge à la hausse. Tout au moins si l’on se situe résolument dans le camp des optimistes…

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content