chronique

Belfius bientôt en Bourse, mais où sont les autres?

Marc Lambrechts

Pourquoi l’investisseur privé ne pourrait-il pas entrer au capital de Sonaca? Pourquoi le Groupe Frère serait-il le seul investisseur à pouvoir saisir l’opportunité de devenir actionnaire de ce champion wallon?

Le décompte final a débuté. L’introduction en Bourse de Belfius se prépare. C’est plutôt une bonne nouvelle pour Euronext Brussels mais aussi pour les investisseurs qui ont trop rarement l’occasion d’avoir du pain (boursier) sur la planche. Le gouvernement Michel notifiera sous peu les banques susceptibles d’accompagner l’IPO de Belfius. En principe, la banque apparaîtra sur les lignes de cotation d’Euronext Bruxelles au printemps 2018. Si bien entendu, le climat boursier reste porteur…

La banque est évaluée entre 7 et 9 milliards d’euros alors que l’État avait racheté Dexia Banque Belgique, l’ancien Crédit Communal, pour 4 milliards d’euros. Bref, une belle plus-value à l’horizon.

On anticipe qu’un tiers environ du capital de Belfius devrait être coté en Bourse, ce qui pourrait rapporter jusqu’à 3 milliards d’euros à l’État en termes de rentrées financières.

C’est comme si la Bourse était perçue avec un certain dédain. Ces dernières années, l’État a multiplié les mesures négatives pour l’investisseur en actions.

Mais pourquoi Belfius n’est-il pas imité par d’autres sociétés aux mains du public? On ne vous parle pas ici de la SNCB. Mais pourquoi n’envisagerait-on pas une introduction boursière de l’équipementier aéronautique Sonaca, questionne avec justesse une personnalité du monde boursier. Pourquoi le Groupe Frère serait-il le seul investisseur privé à pouvoir saisir l’opportunité de devenir actionnaire de ce champion wallon détenu actuellement à 97% par la Région? Depuis cet été, via son fonds Ergon Capital, le Groupe Frère a entamé des discussions avec la Région wallonne pour racheter entre 25 et 30% du capital de Sonaca.

Même remarque pour l’aéroport de Charleroi où le départ évoqué de l’actionnaire italien Save (qui détient 27% des actions) suscite les convoitises. Les noms de Louis-Marie Piron (de Thomas&Piron) et d’Albert Frère (encore lui!) ont été cités pour reprendre la participation du privé dans l’aéroport carolo. Même si les problèmes actuels de Ryanair ternissent quelque peu la situation, pourquoi la Bourse n’est-elle pas une option éventuelle? Quid aussi de Nivelinvest, l’invest brabançon, qui veut ouvrir davantage son capital au privé?

C’est comme si la Bourse était perçue avec un certain dédain. Ces dernières années, l’État fédéral a multiplié les mesures négatives pour l’investisseur en actions: hausse à répétition du précompte mobilier, taxe sur la spéculation (finalement retirée), taxe sur les comptes-titres… À croire que l’investisseur belge est assimilé par l’État à un fumeur qu’il s’agit de taxer dans ses activités "nuisibles".

3 milliards €
On anticipe qu’un tiers environ du capital de Belfius devrait être coté en Bourse, ce qui pourrait rapporter jusqu’à 3 milliards d’euros à l’État en termes de rentrées financières.

C’est à se demander même si l’entrée en Bourse d’une partie de Belfius n’est pas d’abord pour l’État le moyen le plus facile de dénicher de l’argent pour dédommager les coopérateurs d’Arco.

Détail piquant, la taxe sur les comptes-titres intervient au moment même où en France, le gouvernement supprime son impôt sur la fortune (ISF) pour les valeurs mobilières (l’impôt subsiste pour les biens immobiliers). Emmanuel Macron entend récompenser ceux qui prennent des risques et qui investissent dans des sociétés. N’est-ce pas le but recherché par la Belgique également? Dommage, car le gouvernement belge avait montré la voie à suivre avec le Tax shelter pour PME et start-ups.

Pour un pays qui se pose des questions sur le niveau futur des pensions, il serait temps de se rendre compte que la Bourse est l’instrument à privilégier sur le long terme. Regardez la Norvège. Le fonds souverain norvégien, qui pense aux générations futures, est investi à plus de 65% en actions. C’est grâce à cela que le fonds a généré un return annuel moyen de quelque 6% depuis 1998.

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