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Boom, boom, boom. Quand le marché fait boom!

Chroniqueur, newsmanager

Le "boom" a été décliné cette semaine à toutes les sauces: le boom des cryptomonnaies avec l'arrivée de Coinbase sur le Nasdaq, le boom de l’économie et le boom de la bourse…

Sur les réseaux sociaux, les esprits les plus critiques y ont vu un signe. Le jour même où Bernie Madoff, le roi de la fraude pyramidale "à la Ponzi", est décédé en prison, la société Coinbase entrait de manière tonitruante sur le marché Nasdaq. Loin de nous de vouloir accuser Coinbase d'une quelconque pyramide Ponzi. En tant que telle, Coinbase n'est qu’une plateforme de transactions qui ne fait que profiter de l’extraordinaire engouement pour les cryptomonnaies. Ses créateurs ont eu le nez fin. Lorsqu’ils ont fondé la société en 2012 dans un appartement à San Francisco, le bitcoin ne valait qu’entre 5 et 15 dollars. Aujourd’hui, il en vaut plus de 60.000.

Certains voient dans l'entrée en bourse de la plateforme de transactions Coinbase un "moment Netscape".

Certains voient dans cette entrée en bourse de Coinbase un "moment Netscape", en référence à l’arrivée en bourse du spécialiste de l’internet Netscape en 1995, qui nous a fait entrer dans une nouvelle ère. Au moins Coinbase, contrairement à Netscape à l'époque, fait-il des bénéfices...

Mercredi, l'action a terminé sa première séance boursière à 328 dollars, une hausse de 31% par rapport au prix de référence de 250 dollars qui avait été communiqué juste avant l’entrée en bourse. À ce cours de 328 dollars, Coinbase a d'emblée intégré le top 200 des plus grosses capitalisations mondiales. Dotée d'une capitalisation de 85 milliards de dollars, la firme est venue s’intercaler un peu derrière GlaxoSmithKline (GSK) mais devant BP ou BNP Paribas, excusez du peu. Et elle a devancé dans le même temps toutes les autres bourses américaines qui sont cotées, y compris l'IntercontinentalExchange (ICE) qui détient la Bourse de New York. À un certain moment, le cours de l’action a même grimpé à 429 dollars, soit l'équivalent d'une capitalisation de plus de 100 milliards de dollars venant ainsi talonner Goldman Sachs, une firme fondée en 1869.
Certains affirment qu’en réalité, lors de cette première séance, le cours a baissé de 14% si l’on tient compte du cours d’ouverture à 381 dollars. Ce qui est sûr, c’est que cette première séance a témoigné d’une volatilité importante. Une volatilité qui a ensuite faibli, même si le cours repartait à la hausse vendredi après-midi.

Le "boom" de Coinbase a en tout cas ravi les investisseurs de la première heure dans la société. L’entrepreneur Alexis Ohanian est de ceux-là. Celui qui a cofondé Reddit (et qui est au passage le mari de Serena Williams) a parlé sur la chaîne CNBC de l’engouement naissant au début des années 2010 pour les cryptomonnaies. Il a évoqué les termes de "croyants", de "religion" et de "missionnaires". Avouez que cela fait un peu peur... Le patron de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a pour sa part un avis très tranché sur les cryptomonnaies: ce sont des "instruments de spéculation", point à la ligne. Dans le dernier sondage mensuel de Bank of America, 74% des gestionnaires de fonds internationaux sont également persuadés que le bitcoin constitue une bulle spéculative. Ce qui laisse quand même un quart d'entre eux qui ne le pensent pas...

Ils ne sont en revanche que 7% à penser qu'il existe actuellement une bulle sur les marchés d'actions. Les gestionnaires restent particulièrement optimistes pour les marchés boursiers. Selon eux, les principaux risques ne sont plus associés à une éventuelle récession, mais bien au "boom" de l'économie, avec une reprise qui pourrait engendrer des tensions inflationnistes et une remontée des taux d'intérêt.

La semaine précédente, même le Fonds monétaire international (FMI) y était allé de son petit couplet, affirmant que les marchés boursiers n'étaient pas surévalués compte tenu de la faiblesse des taux d'intérêt. Tobias Adrian, le directeur du département des marchés de capitaux, estime qu'à court terme, et peut-être à moyen terme, les conditions financières resteront accommodantes et que les marchés "will keep on booming". Si même le FMI l'affirme...

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