C'est le grand retour des dictons boursiers…

©Sofie Van Hoof

"Sell in May and go away" est l’un des dictons les plus populaires en Bourse. L’an dernier, l’adage a fonctionné à merveille en Europe. Mais pas à Wall Street. Cette année, la tendance est plus qu’incertaine.

C’est le retour des dictons boursiers avec le plus célèbre d’entre eux: "Sell in May and go away", soit vendre en mai et partir en vacances… Les plus anciens stratèges boursiers vous diront que sur les 100 dernières années, les chiffres démontrent que la plus grande partie des gains boursiers annuels sont concentrés entre octobre et mai, tandis que la période de mai à octobre est plutôt morose, voire mauvaise.

L’an dernier, l’adage a parfaitement fonctionné, tout au moins en Europe. Il fallait vendre en mai et revenir en septembre. C’est d’ailleurs le sens du dicton dans sa version longue: "Sell in May and go away, but remember to come-back in September".

Dans l’histoire, les taux longs européens ont rarement pu échapper à l’influence américaine.

Le début du mois de mai 2017 a coïncidé avec la victoire d’Emmanuel Macron aux présidentielles françaises. Avec un zeste d’euphorie pro-européenne, les marchés ont alors atteint un pic. Ensuite, déprimés par la force de l’euro, ils ont perdu 6 à 7%. Ce n’est qu’en septembre qu’ils ont repris de l’altitude jusqu’au mois de novembre. La suite, on le sait, a été plus chahutée…

À Wall Street, l’histoire est assez différente. C’était Trump, Trump, Trump… Aucune correction n’a été enregistrée en mai 2017. Bien au contraire, les indices boursiers n’ont cessé de grimper, décrochant au passage de nouveaux records historiques.

Aujourd’hui, bien malin est celui qui peut déceler une tendance claire pour les mois à venir. Depuis la correction de février, les marchés se distinguent par leur caractère erratique. Cela monte un jour, cela descend un autre…

Jusqu’à présent, pour ce mois d’avril (il reste encore une séance lundi), les Bourses européennes affichent des progressions situées entre 4 et 6%. C’est pour le moins remarquable. Mais l’indice Bel 20 limite ses gains à 1,45%. Et à Wall Street, les indices ne progressent que d’un petit pour-cent.

Depuis le début de l’année, la situation est tout aussi contrastée. Le Nasdaq parvient encore à engranger 3% mais le Dow Jones est en repli de 1,7%. En Europe, l’indice Euro Stoxx 50 grappille 0,4%, mais le Bel 20 perd 1,6%. Une tendance claire? On peut oublier…

Si la tendance est aussi heurtée, c’est parce que les incertitudes sont grandes.

La bonne nouvelle, c’est qu’à Wall Street, les entreprises américaines qui ont déjà publié leurs résultats révèlent une hausse des bénéfices de pas moins de 25% en moyenne, ce qui est supérieur aux attentes. Pour le reste, pas mal d’incertitudes géopolitiques assombrissement l’horizon. Et puis, il y a les taux d’intérêt. Durant la semaine, le taux américain à 10 ans a dépassé brièvement le seuil des 3%. Ce qui a créé une petite frayeur sur les marchés. Le feu passerait au rouge si les taux devaient atteindre 3,50%. C’est le niveau que les gestionnaires de fonds citent comme étant le signal pour basculer des actions vers les obligations.

En Europe, on peut toujours se convaincre que la situation des taux est fondamentalement différente puisque la Banque centrale européenne ne cesse de reporter le timing de la première hausse des taux directeurs. Mais ce serait oublier que dans l’histoire, les taux longs européens ont rarement pu échapper à l’influence américaine. Quand les taux longs US sont aspirés dans une spirale haussière, il en est de même pour les taux européens. Et quand Wall Street tousse, l’Europe prend souvent froid.

Le dernier sondage de Bank of America Merrill Lynch montre que pas mal de gestionnaires pensent que les marchés boursiers peuvent encore progresser. Ils sont 40% à anticiper un sommet boursier durant le deuxième semestre 2018. Après, les choses pourraient devenir progressivement plus compliquées…

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