chronique

Et à la fin, ce sont les actions qui gagnent…

Rédacteur en chef-adjoint

Peter Praet, le chef économiste de la BCE, et Morgan Stanley sont du même avis ou presque: la reprise de la zone euro se confirme de jour en jour. Le moment est sans doute venu de regarder vers le haut pour les actions, juge la firme anglo-saxonne.

Semaine de l’argent ou pas, le (trop) fidèle épargnant belge n’attend que cela: une remontée des taux de son livret. Mais pour que les taux décollent enfin de leur plancher – le minimum légal pour les livrets est de 0,11% –, il faudrait que la Banque centrale européenne (BCE) se mette à bouger. Et cela, ce n’est pas encore gagné. Quoique… William De Vijlder, le chef économiste du groupe BNP Paribas, confiait récemment qu’un premier mouvement sur les taux pourrait se produire dès septembre 2017. La BCE agirait dans un premier temps sur son taux des dépôts qui est actuellement de -0,40%. Ce taux pourrait ainsi remonter à -0,30%. Bon, ce n’est pas encore le retour en territoire positif, mais ce serait en tout cas un premier signal envoyé par la BCE. Ce taux des dépôts – le tarif que les banques paient pour pouvoir déposer de l’argent à Francfort – est tombé en négatif en 2014.

Les propos de Peter Praet apparaissent presque comme une incitation à acheter des actions…

En réalité, le marché commençait jusqu’il y a peu à tabler sur une première remontée des taux d’ici la fin de l’année. Il y était encouragé par de bons chiffres économiques mais aussi par les déclarations de certains responsables de la BCE. À l’image de l’Autrichien Ewald Nowotny qui avait indiqué que l’institution de Francfort pourrait envisager de relever ses taux avant l’expiration de son programme de rachats d’actifs prévu à la fin de l’année.

Mais conscient que de telles anticipations de hausse des taux peuvent être néfastes, Peter Praet a coupé court. Lors d’une conférence à Madrid, le chef économiste de la BCE a tenu à calmer le jeu, indiquant que rien n’a changé en matière de politique monétaire. La BCE n’est pas pressée de bouger car les pressions inflationnistes restent encore contenues.

Pourtant, à l’écoute de Praet, on a la confirmation que la reprise dans la zone euro est bel et bien enclenchée. La croissance du PIB est en hausse depuis quinze trimestres consécutifs, l’indicateur de sentiment économique est à son plus haut niveau depuis près de 6 ans et le taux de chômage se situe à son plus bas depuis près de 8 ans. C’est presqu’une vraie incitation à acheter des actions. Car ce sont les mêmes arguments servis par la firme Morgan Stanley pour justifier son optimisme pour les Bourses européennes.

Dans une étude publiée en début de semaine, la firme anglo-saxonne a revu à la hausse ses prévisions pour les indices européens. Elle pense que l’indice MSCI Europe peut aisément grimper à 1.650 points, soit une hausse de 7% par rapport à ses niveaux actuels. La banque est d’avis que les bénéfices par action devraient croître cette année de 16%. Son précédent pronostic était de 12%. C’est l’embellie des nouvelles économiques qui l’incite à un plus grand optimisme. Et l’équipe d’analystes de citer les mêmes éléments que Praet. Comme l’indicateur PMI, qui mesure la confiance des entreprises, au plus haut depuis six ans. Ce qui pourrait se traduire par une hausse de la croissance du PIB de plus de 2%.

La banque dit aimer les valeurs financières qui apparaissent bon marché. Son portefeuille est garni de Bankia, BNP Paribas, Caixabank, Lloyds, UBS, Axa et KBC.

Des risques, oui mais…

Bien entendu, il existe des risques. Le premier, ce sont les taux d’intérêt. Si les marchés ont jusqu’ici bien réagi aux hausses des taux américains, on ne peut pas garantir que cela sera encore le cas dans les douze mois à venir. Même si la Federal Reserve fera tout pour éviter de brusquer les marchés.

Un autre danger est lié au contexte politique européen. Une victoire de Marine Le Pen en France constituerait un choc pour les marchés. Mais bien davantage que la France, c’est l’Italie, avec des élections probables au premier trimestre 2018, qui inquiète Morgan Stanley.

Dans l’intervalle, la firme confie qu’après avoir regardé vers le bas pendant des années, les investisseurs peuvent sans doute regarder vers le haut. Tiens, tiens, les indices boursiers européens ont pris 5% en mars…

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