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La chasse aux records n’est pas terminée, mais…

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La hausse des indices boursiers devrait s'effectuer de manière plus lente après la formidable ascension depuis mars 2020. Mais un S&P 500 à 5.000 points et un Dow Jones à 40.000 points demeurent dans le viseur des marchés.

Cette semaine a-t-elle marqué un petit tournant sur les marchés boursiers? C’est trop tôt pour le dire. On a tellement déjà affirmé que la chasse aux records boursiers devait marquer une pause qu’il convient de rester prudent. Les marchés ont en tout cas connu quelques ratés ces derniers jours, en raison de nouvelles inquiétudes concernant le coronavirus et de questions sur la soutenabilité du rebond de la croissance économique. Sans oublier que la Federal Reserve américaine semble petit à petit se décider à réduire ses achats d’actifs très prochainement (le fameux tapering). Ajoutez à cela la Chine qui émet des signaux inquiétants sur tous les fronts (coronavirus, croissance et durcissement du pouvoir chinois vis-à-vis des entreprises) et le tableau est quasiment complet. Mais, après tout, n’est-il pas normal que les indices reprennent leur souffle après une cavalcade de 17 mois qui a vu l’indice boursier américain Standard and Poor’s 500 rebondir de 100% depuis les plus bas niveaux enregistrés en mars 2020 et les indices européens avancer de 70% environ?

Dans son blog, Michel Ernst, le stratégiste actions de CBC Banque Privée, qui a une longue expérience sur les marchés, en appelait cette semaine à ne pas se montrer gourmand de manière excessive. Il cite l’enquête mensuelle de Bank of America (BofA) auprès des gestionnaires de fonds européens qui montre que 88% d’entre eux estiment désormais que les actions du Vieux continent n’ont plus qu’un potentiel de hausse à 1 seul chiffre d’ici la fin d’année. « Un seul chiffre.  Est-ce surprenant ? Non… » répond Ernst. Les actions européennes gagnent actuellement en moyenne 18% sur seulement sept mois et demi en 2021, alors que de nombreuses études ont démontré que, historiquement, un investisseur gagnera 6 à 7% par an sur le long terme. Si à ces 18%, dit Ernst, on ajoute encore quelques petits pourcents d’ici la fin de l’année, on pourra objectivement dire que l’année a été très bonne pour les investissements en actions ! Effectivement, personne ne se plaindrait d'une telle performance…

Dow 40.000?

Même si les marchés enregistrent une pause voire même une petite correction, cela ne serait nullement catastrophique. Bien au contraire. Car cela ferait naître des opportunités d’investissement. C’est le discours tenu à Wall Street par le stratège boursier Ed Yardeni. Ce n’est pas la première fois que son nom apparaît dans ces colonnes. Ce vétéran boursier est aujourd’hui à la tête de sa propre société, Yardeni Research, après avoir oeuvré à la Federal Reserve, chez Prudential et Deutsche Bank aux USA.

Ed Yardeni prévoit que l'indice S&P 500 atteindra les 5.000 points d’ici la fin de l’année prochaine voire même plus tôt.

Yardeni est réputé pour son indéfectible optimisme boursier . Il vient encore d’en faire une belle démonstration lors de récents entretiens accordés à divers médias américains. Il prévoit ainsi que l'indice S&P 500 atteindra le chiffre rond et historique des 5.000 points d’ici la fin de l’année prochaine, voire même plus tôt. Ce qui équivaut à une hausse de 13% de l’indice.  

Selon lui, le rebond économique reste remarquable et les bénéfices des sociétés ont rebondi de manière assez spectaculaire. Même si le variant delta du coronavirus est bien entendu inquiétant, Yardeni est persuadé qu'un remake des fameuses "Roaring Twenties", les rugissantes années 1920, reste dans les cartons. Il cite un boom de la productivité grâce au développement technologique. Quant à l'inflation tant redoutée par certains, elle ne serait que transitoire. Sur les marchés d'actions, il conseille d’acheter "un petit peu de tout". Rien n'est vraiment bon marché, dit-il, mais il n'y a guère d'alternative aux actions dans le contexte actuel des taux bas.

Excès d'optimisme? Une hausse de 13% d'ici la fin 2021 ne paraît pas vraiment insurmontable en l'absence d'accident sur les marchés. Quand Yardeni est arrivé à Wall Street en 1978, l'indice Dow Jones se situait à 1.000 points. Il est pointé à 35.000 aujourd'hui. Si les indices progressent encore de 13 à 14%, le Dow Jones atteindrait même la fameuse barre des 40.000 points. Un peu de patience, certains traders vont sans doute déjà commander leur casquette "Dow 40.000". Quoi qu'il arrive, elle servira bien un jour...

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