chronique

Le sommet du marché boursier en 2019-2020

Marc Lambrechts

C’est l’avis des gestionnaires de fonds internationaux, qui ne voient pas de récession à l’horizon dans l’immédiat. La hausse de ce mois de mai pourrait se poursuivre en dépit des tensions dans le monde.

Buy low, sell high. La Bourse, c’est aussi simple que cela. Il suffit d’acheter à un bas niveau – si possible le plus bas – et de vendre au plus haut niveau. Plus facile à dire qu’à faire, tout investisseur vous le dira… Il existe une variante de cet adage: "Buy the dip, sell the rip", soit acheter quand le marché connaît un creux et vendre lorsque le "rally" haussier est à son pic. Bien entendu, la question est de savoir quand se produira ce sommet boursier. Depuis le 9 mars 2009, date du plus bas niveau enregistré lors de la crise financière, chaque fois qu’un petit creux boursier (dip) se produisait, l’investisseur pouvait quasiment acheter les yeux fermés. La politique des taux bas des banques centrales donnait systématiquement un coup de fouet au marché.

Selon Merrill Lynch, les returns boursiers peuvent être significatifs en fin de cycle.

Aujourd’hui, la situation est nettement plus compliquée. Notamment parce que les banques centrales inversent progressivement leur politique monétaire. La Federal Reserve a été la première à procéder de la sorte, la Banque centrale européenne (BCE) devrait l’imiter dans le courant de cette année. Surtout, après dix ans de marché haussier, il est normal que notre bon vieux taureau (bull) commence à afficher certains signes de fatigue en Bourse. L’animal a d’ailleurs déjà enregistré un petit coup de mou au début du mois de février. Une sorte d’avertissement en quelque sorte. Pour cerner le sentiment du marché, le sondage réalisé mensuellement par Bank of America Merrill Lynch auprès de 200 grands gestionnaires de fonds mondiaux demeure la référence de choix. Que nous disent ces spécialistes? 76% des investisseurs pensent que le marché n’a pas encore enregistré son sommet au cours de ce cycle de hausse. Le pic atteint en janvier dernier, avant la correction à Wall Street, ne serait donc pas le dernier. La majorité des gestionnaires pensent même que le sommet ne sera atteint qu’en 2019, voire en 2020. Il faut dire que les perspectives de croissance économique restent favorables. Seulement 2% des investisseurs anticipent une récession économique en cette année 2018. La récession ne surviendrait qu’en 2019 (selon 41% des investisseurs) et 2020 (selon 43%). Philippe Gijsels, le stratège boursier de BNP Paribas Fortis, confirme que les marchés d’actions restent soutenus par trois pattes du taureau: une croissance économique vigoureuse, des résultats d’entreprises plus que convenables et une politique monétaire encore souple.

Pas de "Sell in May"

Le "Sell in May and go away" n’est donc pas de mise. Depuis le début de ce mois, les Bourses internationales gagnent entre 2 et 4%, faisant fi des tensions géopolitiques.

Dans ce tableau plutôt rose, l’Italie (-2%) fait exception pour des raisons politiques internes. La Belgique se démarque aussi (-0,50%), le Bel 20 souffrant des reculs d’AB InBev et de bpost.

Selon les gestionnaires interrogés dans le sondage, le "rally" de ce mois de mai pourrait se poursuivre à moyen terme, les investisseurs disant favoriser les banques, les actions technologiques et les valeurs énergétiques. Chez Merrill Lynch, on souligne encore que le cycle économique actuel est très différent des autres. Notamment parce que l’inflation reste relativement contenue. Alors oui, en entrant dans la dixième année d’expansion économique aux USA, ces derniers sont très avancés dans le cycle. Mais nous ne sommes pas encore au bout de ce cycle économique. Une récession ne pourrait intervenir qu’en… 2021.

La firme américaine ajoute que les returns boursiers peuvent être significatifs en fin de cycle. Au cours des trois derniers marchés haussiers, l’indice mondial MSCI ACWI (All Country World Index) a délivré un return de 44% sur les deux dernières années et de 22% sur la dernière année du cycle. Sortir trop tôt des marchés boursiers peut donc d’avérer très coûteux.

Mais il apparaît clair aussi qu’il s’agira sans doute du dernier sursaut du marché boursier avant une correction devenue inévitable. Autant le savoir et ne pas sortir du marché trop tard. En tout cas avant que les baissiers (bears) ne sonnent la charge.

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