chronique

Le stock picking n'est pas mort

Il est même une tactique gagnante en bourse.

Pour les fêtes de fin d’année, une de mes nièces, en guise de cadeau, avait demandé un livre qui lui explique comment bien investir en bourse (elle participe au Rallye Boursier de L’Echo et du Tijd!). Pour l’occasion, elle a reçu deux livres consacrés à l’illustre Warren Buffett. C’est pour le moins réjouissant de voir que les jeunes s’intéressent au monde de l’investissement. Bon, je ne sais pas vraiment si les préceptes de Buffett vont directement l’aider dans le cadre du concours boursier. Après tout, le gestionnaire de Berkshire Hathaway est un adepte du long terme alors que notre Rallye Boursier s’apparente plutôt à un sprint de court terme.

Investissez dans ce que vous connaissez, disait Peter Lynch.

Pour un bon "stock picking", une bonne sélection de valeurs, un livre de Peter Lynch aurait aussi pu faire l’affaire. Peter qui?? Oui, c’est vrai, on n’entend plus trop son nom aujourd’hui. Le bonhomme a quand même mis un terme à sa carrière active en 1990, à l’âge de 46 ans à peine! Il demeure toutefois une vraie légende aux USA. Aux manettes du fonds Fidelity Magellan de 1977 à 1990, il a affiché un return de 29% par an, soit près du double de la performance de l’indice boursier S&P 500, une des meilleures performances jamais réalisées par un fonds de placement.

La recette de Lynch: il faut investir dans ce que l’on connaît! S’il a investi à l’époque dans Volvo, c’est parce que sa famille et ses amis conduisaient une voiture de cette marque. S’il a sélectionné ce qui s’appelait encore Apple Computer, c’est parce que ses enfants avaient un tel ordinateur à la maison et que le responsable informatique de Fidelity en avait acquis plusieurs pour le bureau. Selon lui, les investisseurs individuels — et pourquoi pas les jeunes — peuvent même détecter des tendances bien avant les professionnels. Bien entendu, investir demande aussi du travail. "Il faut investir au moins autant de temps et d’efforts dans le choix d’une action que dans le choix d’un frigo" disait-il. Donc, il convient de scruter les chiffres et les perspectives de croissance d’une société. Interrogé tout récemment par l’hebdomadaire Barron’s, Peter Lynch a reconnu que son portefeuille personnel avait nettement sous-performé l’indice S&P 500 en 2019. Il est vrai qu’avec une hausse impressionnante de 29%, l’indice a battu la plupart des gestionnaires actifs. Mais Lynch semble persuadé que le stock picking n’est pas mort. Certains principes d’investissement sont éternels. Et puis, "si vous n’investissez que dans les indices, vous ne parviendrez jamais à les battre". Warren Buffett n’aurait pas dit mieux…

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