Les cinq leçons de la "bible des rendements"

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L’étude de Credit Suisse porte sur la période 1900-2018. Sur 119 ans, les actions sont les plus performantes. L’image se brouille toutefois depuis 2000. Et les actions belges déçoivent largement leurs partisans.

C’est devenu un rendez-vous incontournable: la publication du Credit Suisse Global Investment Returns Yearbook, sorte de bible des rendements à long terme des actions, des obligations et du cash. Avec un recul de 119 ans, ce qui est assez remarquable. Bien entendu, en 1900, les marchés n’étaient pas ce qu’ils sont devenus aujourd’hui et les moyens de communication encore moins. Alors, quelles sont les principales leçons de ce "Yearbook" concocté par les professeurs Elroy Dimson, Paul Marsh et Mike Staunton de la London Business School?

1. Les actions restent les plus performantes sur le long terme

Sur la période 1900-2018, les actions mondiales ont affiché un return annuel réel (c’est-à-dire corrigé de l’inflation) de 5%. Les obligations (1,9%) et le cash (0,8%) restent à distance. En revanche, sur une période plus récente, de 2000 à 2018, les actions (2,1%) sont nettement battues par les obligations (4,6%). En cause: le krach des valeurs technologiques de 2000, la grande crise financière de 2007-2008 et le mauvais cru boursier de 2018. Ceci alors que les années 80 et 90 étaient apparues comme l’âge d’or de l’investissement.

2. Les actions américaines restent les locomotives

La Belgique apparaît comme un mauvais élève. Seuls l’Autriche et l’Italie font pire en matière d’actions.

Sur 119 ans, elles affichent un return de 6,4% contre 1,9% pour les obligations. Seules l’Australie (+ 6,7%) et l’Afrique du Sud (7,1%) font un peu mieux.

En termes nominaux, cela signifie qu’un investissement initial d’un dollar dans des actions américaines se serait transformé en 44.600 dollars à la fin 2018!

Sur la période plus proche 2000-2018, le return des actions US retombe toutefois à 2,9% (contre 4,6% pour les obligations).

3. Les actions belges sont à la traîne

Si l’on prend la période longue de 1900-2018, les actions belges affichent un return réel de 2,5% par an, ce qui est plus de six fois supérieur au return des obligations (0,4%). Les obligations du Trésor à court terme, qui s’assimilent à du cash, présentent un return négatif de -0,3%.

Avec ses 2,5% de return, la Belgique apparaît comme un mauvais élève. Seuls l’Autriche et l’Italie font pire parmi les 23 marchés analysés par l’étude. Si notre pays est à la traîne, cela s’explique, selon les auteurs, par l’impact des deux guerres mondiales mais aussi par l’inflation trop élevée et par l’importance de la chute boursière en 2008 qui a laminé les banques.

Si l’on prend une période de 50 ans, soit 1969-2018, les actions belges affichent 5,2% de return, ce qui est nettement plus honorable, mais les obligations ne sont plus très éloignées (4,4%).

La période plus rapprochée, soit de 2000 à 2018, est quant à elle très défavorable. Les actions belges ne présentent plus qu’un return de 1,7% contre 4,7% pour les obligations et -0,5% pour le cash. La Bourse belge a amplement déçu.

4. Des rendements plus faibles à l’avenir

Selon les auteurs de l’étude, les primes de risque des actions (supplément de rendement par rapport aux obligations et au cash) devraient se réduire à l’avenir. Et les rendements attendus de toutes les classes d’actifs devraient être également plus faibles. Leur recherche depuis 1900 montre en effet que lorsque les taux d’intérêt réels sont bas, ce qui est le cas aujourd’hui, les returns futurs des actions et des obligations tendent aussi à être plus faibles.

5. Il faut diversifier!

L’étude s’est penchée pour la première fois sur les marchés émergents. Depuis 1900, ils ont sous-performé les marchés développés, mais cette sous-performance remonte aux années 1940. Depuis 1950, ils ont surperformé les marchés développés d’un peu plus de 1% par an. Ce qui est sûr, c’est que la Chine comptera de plus en plus à l’avenir, à mesure que l’Empire du milieu s’ouvre et que son système financier se réforme.

Pour tout investisseur, la diversification reste le maître-mot. C’est particulièrement vrai pour l’investisseur belge qui se serait accroché à son seul marché local.

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