Octobre est passé, on peut mieux respirer…

©AFP

La Bourse américaine a engrangé de nouveaux records historiques pour fêter l’anniversaire du "Black Monday" de 1929.

Certains investisseurs restent de grands superstitieux. Même si octobre n’est pas historiquement le plus mauvais mois de l’année (c’est le mois de septembre), il reste associé à quelques crises retentissantes en octobre 1929, 1987 et 2008.

Lundi dernier, le 28 octobre, on se situait jour pour jour 90 ans après le "Black Monday" du 28 octobre 1929 lorsque la Bourse américaine avait chuté de 13% avant de dégringoler de 12% supplémentaires le lendemain.

C’est d’ailleurs depuis ce lundi noir d’octobre 1929 que le mot "crash" est associé à jamais à une chute importante de la Bourse aux Etats-Unis.

Pour en quelque sorte conjurer le sort, l’indice boursier Standard and Poor’s 500, qui reprend les plus grandes valeurs de Wall Street, s’est offert un nouveau record historique lundi dernier. Et le mois d’octobre a comblé les optimistes puisqu’il s’est traduit par une très jolie hausse de quelque 3% pour l’indice S&P 500. Ce qui porte sa progression à plus de 20% depuis le début de l’année. Une performance assez remarquable compte tenu de toutes les incertitudes en matière commerciale ou géopolitique.

À vrai dire, cet anniversaire du krach de 1929 est un peu passé inaperçu. Si ce n’est quelques articles dans la presse. Dans L’Echo bien entendu mais aussi dans le Wall Street Journal où Jason Zweig ("The Intelligent Investor") a rappelé à juste titre qu’il a fallu 25 ans pour que la Bourse américaine retrouve ses sommets de 1929, après avoir perdu quelque 85% en cours de route.

25 ans, soit un quart de siècle. Dure réalité historique pour ceux qui ne jurent que par la stratégie du "buy and hold" et qui pensent qu’à long terme, la Bourse est toujours le meilleur placement. Elle l’est, mais tout dépend de l’horizon que l’on se fixe.

C’est depuis ce lundi noir d’octobre 1929 que le mot "crash" est associé à jamais à une chute importante de la Bourse.

Raisonnablement, on peut penser que 1929 reste un cas exceptionnel. La plupart des responsables monétaires en ont retenu les leçons. En 1929, la banque centrale américaine, la Réserve fédérale (Fed), était encore une jeune institution. Elle avait vu le jour en 1913, quelques années après une panique bancaire importante en 1907. En 1929, elle a commis des erreurs de politique monétaire qu’elle ne commettrait sans doute plus aujourd’hui en laissant la situation du secteur financier sans cesse se dégrader.

L’aspect purement politique laisse, pour sa part, davantage à désirer. Dans les années 30, les différents pays, ravagés par la crise, ont basculé dans le protectionnisme et le nationalisme. Avec toutes les conséquences catastrophiques que l’on sait. Il n’est pas sûr que tous les dirigeants de la planète, Donald Trump en tête, aient lu les livres sur la "Grande Dépression" des économistes Galbraith ou Friedman.

Preuve que le mois d’octobre hante encore pas mal de mémoires, la firme Baloise Asset Management a lancé tout récemment chez nous un fonds (le BFI Systematic Flex Equity) qui doit permettre de se protéger des krachs boursiers (le mot "krach" d’origine allemande remonte à 1873). Ce fonds repose sur un modèle quantitatif qui observe les mouvements sur 36 marchés mondiaux. En cas de suspicion de krach à venir, le fonds, qui peut détenir jusqu’à 100% d’actions, peut se repositionner en cash à 100%. Lancé en Suisse en 2017, ce fonds a toutefois tendance à sous-performer les indices mondiaux. C’est assez normal puisqu’il détient actuellement en portefeuille une importante partie en liquidités qui ne rapportent rien dans le contexte actuel.

Toutes les incertitudes ambiantes (guerre commerciale, Brexit, Moyen-Orient…) incitent à une certaine prudence. Mais comme le cap du mois d’octobre, tant redouté, est désormais franchi et que la Fed a une nouvelle fois baissé ses taux mercredi, les marchés continuent à monter. Merci qui? Merci les banques centrales bien évidemment.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité