Petits conseils pour qui a peur d'une grande crise financière

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On devrait reconnaître que les récessions et les corrections boursières sont des phénomènes naturels. Mais également temporaires. Le marché a tendance à récompenser les investisseurs de long terme.

Sur notre site, le récent article "La prochaine grande crise est annoncée" a attiré un nombre assez considérable de lecteurs. Au même moment ou presque, un article intitulé "Une crise financière imminente?" chez nos confrères du journal français Les Echos était l’article le plus lu. Cela en dit sans doute long sur le sentiment d’inquiétude des gens. Même si, soulignons-le, dans les deux articles, on souligne combien il faut prendre avec un certain recul les prévisions catastrophistes de certains experts.

Depuis le début de l’année, les marchés boursiers américains et européens ont engrangé 15% en moyenne, le Nasdaq prenant même 20%. Alors trop haut, trop vite? Certains le pensent, même si "Super Jamie" Dimon, le patron de JPMorgan, s’est voulu rassurant vendredi. Pour l’ouverture de la saison des résultats, la banque américaine a non seulement annoncé de très bons chiffres, mais en outre Dimon a jugé que l’économie américaine était en bonne forme avec une confiance solide des milieux d’affaires et des consommateurs et des marchés financiers toujours sains.

Pour ceux qui continuent néanmoins à s’inquiéter outre mesure, on leur conseille une petite étude de la firme Capital Group. Cette dernière propose des moyens de surmonter ses peurs.

La firme cite d’emblée Daniel Kahneman, lauréat du prix Nobel d’économie et éminent spécialiste de la finance comportementale: "Vous ne seriez pas humain si vous n’aviez pas peur de perdre." Pour la plupart des individus, la douleur associée à la perte d’une somme donnée est en effet disproportionnellement supérieure au plaisir de la gagner.

Mais pour Capital Group, alors que les actions progressent régulièrement depuis dix ans, l’histoire a démontré que, tout comme les récessions, les corrections boursières sont un phénomène naturel. Et il y a une bonne nouvelle en la matière: aucune correction (creux de 10%), aucun marché baissier (contraction de 20%) ni aucune autre mauvaise passe n’a duré éternellement. Entre 1900 et 2018, le Dow Jones a ainsi perdu au moins 10% à peu près une fois par an, et au moins 20% tous les 4 ans environ. Mais l’Histoire a montré que chaque correction a été suivie d’une reprise et d’un nouveau plus haut boursier.

Timing impossible

Si investir en Bourse vous empêche vraiment de dormir, mieux vaut s’abstenir.

En outre, personne n’est en mesure de prédire précisément les mouvements à court terme des marchés. Le parfait "market timing" est impossible à atteindre. Et les investisseurs qui restent sur la touche risquent de passer à côté de périodes d’appréciation substantielle des cours qui succèdent aux phases de contraction. Capital Group montre que le fait de ne manquer que quelques séances peut ainsi coûter (très) cher. Un placement hypothétique de 1.000 dollars effectué début 2009 dans l’indice américain S&P 500 serait devenu 2.775 dollars fin 2018. Mais pour un investisseur qui n’était pas investi durant les 30 meilleures séances de la période, le montant fin 2018 ne serait que de 918 dollars, soit moins que la mise initiale. Surprenant.

Une bonne manière de réduire son stress est aussi de diversifier son portefeuille. Certes, un portefeuille diversifié ne garantit pas que la valeur des investissements ne reculera pas. Mais cela permet en tout cas de réduire la volatilité et les risques.

Enfin, "last but not least", le marché a tendance à récompenser les investisseurs à long terme. Sur toutes les périodes glissantes de 10 ans entre 1937 et 2018, Capital Group montre que l’indice S & P 500 a généré 10,4% en moyenne (phases baissières comprises).

Une chose est certaine: si malgré tous ces conseils, investir en Bourse vous empêche vraiment de dormir, mieux vaut alors s’abstenir.

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