Pour mieux dormir en ces temps chahutés

©REUTERS

Après un excellent mois de janvier, les hésitations sont de retour. Pour ceux qui veulent continuer à bien dormir, qu’ils sachent que les dividendes ont représenté 40% des returns européens depuis 1973.

Les marchés sont plutôt déconcertants. Même les vétérans de la Bourse ne cachent plus leur circonspection. Philippe Gijsels, le chief strategy officer de BNP Paribas Fortis, fait partie de ceux-là. En début de semaine, dans une note, il faisait part de son grand étonnement de voir se dessiner depuis janvier une remontée en V sur les graphiques des Bourses mondiales. Après le plus mauvais mois de décembre en 100 ans, on vient de connaître le meilleur mois de janvier en 30 ans!

Pour être tout à fait précis, aux Etats-Unis, l’indice boursier américain élargi, le S&P 500, a gagné 7,9% en janvier, son départ le plus fulgurant depuis l’année 1987 (année du krach boursier, mais on ne veut effrayer personne en disant cela…).

Alors, autant le marché paraissait survendu à la fin de l’année dernière, autant le marché apparaissait suracheté, tout au moins d’un point de vue technique. Même si, on vous l’a dit la semaine dernière, même les banques centrales conseillent aujourd’hui en quelque sorte d’acheter des actions. Tant qu’elles gardent les taux d’intérêt à des niveaux proches du plancher, les marchés y trouvent un beau motif de grimper.

En fin de semaine, les inquiétudes concernant les négociations commerciales USA-Chine ont toutefois refait surface, sans oublier les révisions à la baisse des prévisions de croissance économique en Europe. L’indice Bel 20 qui avait réussi à gagner plus de 10% depuis le début de l’année est revenu à un gain de + 7%. C’est moins bien, mais cela demeure encore très appréciable.

Beau matelas

Pour ceux qui sont anxieux face à une telle configuration de montagnes russes, il existe une solution: choisir des actions solides qui délivrent des dividendes réguliers. Pour ceux qui ne parviennent pas à bien dormir, cela offre un beau matelas (de sécurité).

Une étude de la firme Allianz Global Investors prédit que les entreprises de l’indice MSCI Europe verseront 350 milliards d’euros en 2019, soit une hausse de près de 5% par rapport à l’année précédente.

Pas mal d’aficionados du livret d’épargne signeraient à deux mains pour un rendement de 3,8%.

Surtout depuis 1973, les dividendes ont représenté 41% du return total des actions européennes. Ainsi, l’indice MSCI Europe a progressé de 9,1% en moyenne annuelle depuis cette date. Mais sans les dividendes, la performance ne serait que de 5,3%. Les sociétés européennes apparaissent plutôt généreuses avec un rendement moyen du dividende de 3,8%. Pas mal d’aficionados du livret d’épargne signeraient à deux mains pour un tel rendement.

L’étude montre aussi que les actions à dividende élevé sont généralement moins volatiles que les autres. Il s’agit souvent de sociétés présentant des bilans financiers assez sains.

Chez Allianz, on met l’accent sur le secteur de l’énergie dont la restructuration devrait s’avérer payante, avec des flux de trésorerie et des dividendes plus élevés. Allianz cite aussi les entreprises d’assurances qui sont des "classic dividend payers".

D’après la firme, la continuité des versements du dividende constitue un facteur important. Ne plus payer un dividende ou le réduire de manière importante constitue un mauvais signal, ce qui se répercute immédiatement sur les cours. Il suffit de voir ce qu’il s’est produit lorsqu’AB InBev a décidé de diviser par deux son dividende afin de réduire son endettement.

C’est pourquoi certaines entreprises n’hésitent pas à emprunter pour maintenir leur dividende et ne pas déstabiliser le cours de Bourse. Mais dans le cas d’AB InBev, une telle stratégie n’aurait fait qu’alourdir encore la dette de la société.

De tous les pays européens, la Belgique est un des pays qui offre les plus beaux dividendes. Mais une nouvelle fois, il faut se concentrer sur les sociétés qui peuvent maintenir leur dividende, voire l’augmenter. Notre "Guide actions" paru le mois dernier mettait en avant les sociétés immobilières (SIR), les holdings et des entreprises aux revenus assez stables comme Ageas ou Solvay. Ou encore cette bonne vieille Banque nationale de Belgique. La BNB, ce n’est pas très sexy, mais c’est stable…

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