chronique

Pourquoi l'Amérique bat l'Europe boursière

Marc Lambrechts

Parier contre l’Amérique a toujours constitué une terrible erreur. C’est ce que répète inlassablement Warren Buffett, année après année…

Les Etats-Unis et la Chine ne sont pas présents à la Coupe du monde en Russie. Pourtant, ils monopolisent l’attention en raison de l’escalade des tensions commerciales. Cela commence tout doucement à inquiéter les marchés boursiers. Mais une nouvelle fois, les marchés américains font preuve d’une résilience impressionnante. De quoi élargir encore l’écart entre les performances des Bourses américaines et celles de marchés européens désespérément à la traîne. Sur les douze derniers mois, le Dow Jones et le S&P500 grimpent de 13 à 15% alors que l’indice européen Euro Stoxx 50 affiche un recul de 3,50%. Et on ne vous parle même pas du Nasdaq Composite en progrès sur les douze derniers mois de 23%!

En réalité, c’est comme si Wall Street était persuadée que tout ce que fait Donald Trump est favorable pour la Bourse: "Donald is good for you." Trump irrite ses partenaires commerciaux et fait exploser le G7? "Pas grave", semble dire Wall Street.

Le marché technologique US pèse plus lourd que tous les marchés de la zone euro réunis.

Mohamed El-Erian, conseiller économique en chef d’Allianz, avance une autre explication. Pour celui qui fut conseiller d’Obama, le sommet du G7 était effectivement un non-événement pour les marchés, car ces derniers ont désormais l’habitude d’attendre les répercussions économiques et financières manifestes d’un événement avant de procéder à un ajustement significatif des prix. Et depuis quelques années, notamment avec Trump, les marchés sont de plus en plus confrontés à des manœuvres et déclarations politiques peu habituelles. Mais pour l’essentiel, dit-il, cela reste essentiellement au niveau des incantations, sans beaucoup de conséquences sur l’activité économique et la Bourse. Bref, les marchés désirent les preuves manifestes de l’impact économique d’une déclaration ou d’un événement avant de réagir.

Démonstration de ses propos: dans le dernier sondage réalisé par Bank of America Merrill Lynch, les gestionnaires internationaux placent une guerre commerciale à la première place des risques potentiels, devant une erreur de politique monétaire des banques centrales et une crise de la zone euro. Mais dans le même temps, ils continuent à acheter plutôt des actions américaines que des titres européens. En cause, d’un côté, les incertitudes sur l’Italie dans la zone euro, la situation de certaines banques… Et de l’autre, 64% des gestionnaires qui pensent que les Etats-Unis affichent les meilleures perspectives en matière de profit, un niveau au plus haut depuis 17 ans. De quoi encore envisager un potentiel haussier de 9 à 10% pour l’indice S&P500.

Le marché US n’est d’ailleurs qu’à 3% de ses plus hauts historiques, ce qui contraste fortement avec la zone euro (à 27% de ses records). Que dire des banques de la zone euro qui sont à plus de 60% de leurs plus hauts historiques!

Et puis, il y a cette extraordinaire domination technologique américaine.

Dans une intéressante note, Bank of America Merrill Lynch aligne quelques faits et chiffres impressionnants. En 2009, les cinq actions globales les plus importantes se nommaient ExxonMobil , General Electric , China Mobile , Microsoft  et Gazprom . En juin 2018, il s’agit d’Apple , Amazon , Google , Microsoft et Facebook . Le quinté parfait.

Le marché technologique US pèse aujourd’hui plus lourd que les Bourses de la zone euro dans leur ensemble. Tout est dit.

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