Un éternel recommencement

©Sofie Van Hoof

C’est comme si l’année 2018 ne s’était pas encore achevée. On reprend les mêmes et on recommence. Beaucoup de volatilité et des mouvements en montagnes russes sur les marchés boursiers.

L’action Apple qui chute de 10% jeudi, les indices boursiers américains qui abandonnent 3% environ… Le début d’année 2019 est assez similaire à la fin de l’an dernier. C’est un peu comme si l’année 2018 ne s’était pas encore achevée. On prend les mêmes (guerre commerciale USA-Chine, ralentissement économique mondial…) et on recommence. Avec une grosse dose de volatilité à la clé. Rappelez-vous de cette veille de Noël, la pire de l’histoire de Wall Street, où les indices avaient perdu 3%. Mais deux jours plus tard, la Bourse s’offrait un feu d’artifice digne d’un 31 décembre à minuit. Le Dow Jones bondissait de plus de 1.000 points tandis que l’indice S&P 500 enregistrait son gain en pourcentage le plus élevé depuis plus de neuf ans. Lors de cette séance du 26 décembre, les compteurs s’arrêtaient à + 5% pour le Dow Jones et le S&P 500 et à + 5,8% pour le Nasdaq. Impressionnant.

En fait, selon les historiens de Wall Street, le précédent record en points du Dow Jones – soit 936 points – remontait au 13 octobre 2008, alors que nous étions plongés en pleine crise post-Lehman Brothers. C’est ce qui s’appelle un "rally haussier dans un marché baissier". La Bourse jouait à l’époque aux montagnes russes. Et lors des séances suivantes, le Dow Jones allait vite reperdre ses gains.

La crainte aujourd’hui, c’est que ce scénario de "rally dans un bear market" ne se reproduise encore au cours des prochaines semaines. En tout état de cause, il faudra sans doute s’habituer de plus en plus à de gros écarts en séance. L’an dernier, par six fois, l’indice S & P 500 a fluctué de plus de 4% au cours d’une même séance, ce qu’il n’avait plus fait depuis 2011. D’aucuns y voient la patte d’investisseurs quantitatifs (les "quants") ou de programmes de trading automatisé qui accélèrent les écarts.

Un jour, il faudra compter tous les points que Donald Trump a fait gagner mais aussi perdre au Dow Jones.

Il est vrai que les amateurs de volatilité sont aux anges avec l’administration Trump. Quand le Président critique le patron de la banque centrale américaine, quand il affirme que la Bourse est sous-évaluée ou qu’il va renouer le dialogue avec la Chine, tout cela provoque des réactions en Bourse. Que dire aussi du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin qui juste avant Noël affirme qu’il a tenu une réunion avec les principaux banquiers de Wall Street afin de s’assurer que le marché n’a pas de problèmes de liquidité. Une façon de vouloir rassurer le marché mais qui a précisément l’effet contraire, rappelant l’épisode du krach de 1987.

Un jour, il faudra compter tous les points que l’administration Trump a fait gagner mais aussi perdre au Dow Jones.

Indicateur "buy"

La bonne nouvelle est venue vendredi du fameux indicateur Bull & Bear de la firme Bank of America Merrill Lynch. Cet indicateur donne désormais un signal d’achat car le marché boursier est tombé dans une zone de pessimisme excessif. Il s’agit du premier signal d’achat depuis juin 2016, après le référendum sur le Brexit.

Cet indicateur Bull & Bear est en réalité un mélange de différents indicateurs qui comprennent notamment le positionnement des hedge funds sur les marchés, des éléments techniques, les flux d’argent vers les actions et les flux vers les obligations. Il est à ranger parmi les "contrarian indicators": il donne un signal d’achat lorsqu’il tombe sous le niveau de 2 (il est à 1,8 aujourd’hui), ce qui décrit une peur excessive sur les marchés. Lorsqu’il dépasse le niveau 8, il donne un signal de vente car le marché est devenu trop euphorique. C’est précisément un tel signal qui s’était déclenché au début 2018… juste avant la correction boursière.

Ajoutez à cela les bons chiffres de l’emploi US et les propos apaisants de Jerome Powell sur les taux américains et Wall Street a subitement retrouvé le sourire vendredi. Un éternel recommencement, on vous dit.

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