chronique

Un marché haussier ne meurt pas de vieillesse

Le plus long "bull market" de l’histoire boursière aux Etats-Unis peut-il se poursuivre? à certaines conditions…

C’ est une vérité historique: un marché boursier haussier ne meurt pas de simple vieillesse. Ce n’est pas parce que la Bourse américaine est en hausse depuis près de 129 mois, soit le plus long "bull market" de l’histoire, que la sortie de route est proche.

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En réalité, ce record en termes de mois et de jours avait été atteint voici plus d’un an. Et depuis lors, la hausse n’a cessé de se poursuivre. Lentement mais sûrement. Depuis le plus bas atteint le 9 mars 2009, l’indice boursier de référence Standard & Poor’s 500, qui avait chuté de 57% lors de la crise de 2007-2008, n’a pas connu de correction de 20% (définition d’un marché baissier ou "bear market"). Résultat des courses: la hausse atteint quelque 350% aujourd’hui depuis ce point le plus bas. Une belle performance.

Le précédent record de longévité remonte à la période d’octobre 1990 à mars 2000, soit au total 113 mois. À l’époque, la performance en pourcentage était même plus importante: 417% de hausse.

Mais les experts se livrent à une petite bataille en privé. Le début du "bull market" précédent ne remonterait pas à 1990, mais à la période suivant le krach boursier de 1987. Il serait donc toujours inégalé. Dans le courant de l’année 1990, l’indice boursier S&P 500 avait perdu 19,92%. Ce n’est qu’en arrondissant que l’on aboutit aux 20% qui définissent le fameux marché baissier.

En cette fin d’année, on perçoit un net regain d’optimisme caractérisé par quatre lettres, Fomo (fear of missing out), la peur de rater le train haussier.

Mais laissons cette controverse sur les chiffres aux spécialistes. Si le marché a tant rebondi depuis 2009, c’est grâce à la politique monétaire ultra-expansionniste de la banque centrale américaine et aux rachats d’actions par les sociétés. Et soyons de bon compte, c’est aussi lié aux mesures fiscales de Donald Trump au début de son mandat.

Fidèle à sa réputation, le Président américain s’attribue entièrement les mérites de la hausse de 50% du Dow Jones depuis son élection en novembre 2016. Les indices seraient même plus élevés de 25% si la Federal Reserve (Fed) avait mieux soutenu l’activité, a-t-il lancé cette semaine à l’Economic Club de New York. C’est un peu oublier la guerre commerciale qu’il livre à la Chine, mais bon…

L’adage boursier "Don’t fight the Fed" (n’allez pas à l’encontre de la tendance des taux d’intérêt) devra-t-il laisser la place à un "Don’t fight Trump"? Pas si vite. Jusqu’à preuve du contraire, c’est toujours la Réserve fédérale qui écrit le scénario de la Bourse. L’an dernier, la Fed a remonté ses taux à quatre reprises et la Bourse a piqué du nez. Cette année, elle a procédé à trois baisses et la Bourse a bondi.

On l’aura compris, ce que fera la Federal Reserve sera déterminant. Pour l’instant, elle se dit satisfaite de la situation et semble prête à observer une pause monétaire (malgré les critiques de Trump qui rêve de taux négatifs aux USA!). à suivre…

Pour ce qui est du "bull market" actuel, on a coutume de dire que les marchés haussiers naissent dans le pessimisme (comme en 2009) et meurent dans l’euphorie. Nous ne sommes pas dans une situation de réelle euphorie boursière. Même si en cette fin d’année, on perçoit un net regain d’optimisme caractérisé par quatre lettres "Fomo" (fear of missing out), la peur de rater le train haussier. Simplement, il faudra éviter tout excès d’euphorie…

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