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La Belgique va doubler son aide militaire à l'Ukraine

La Belgique veut envoyer en Ukraine des missiles air-air utilisés sur ses F-16, qui seront adaptés aux systèmes antiaériens terrestres Nasams, dont certains sont déjà déployés en Ukraine. ©REUTERS

Un nouveau paquet d'aide d'environ 90 millions d'euros est en préparation. Il comprend l'envoi de missiles équipant les F-16 et l'achat de fusils auprès de la FN Herstal.

Pointée du doigt pour la modestie de son aide militaire à Kiev depuis le début du conflit, la Belgique va adopter un nouveau paquet de soutien "substantiel" pour l'armée ukrainienne, a indiqué à plusieurs reprises ces derniers jours la ministre belge de la Défense Ludivine Dedonder. Un nouvel effort qui s'inscrit dans la foulée des engagements pris par la ministre et le chef de la Défense (CHOD), l'amiral Michel Hofman, lors de la réunion des alliés de l'Ukraine la semaine dernière à Ramstein, en Allemagne.

"Les Scar ne seront pas prélevés sur la dotation de l'armée belge, mais achetés par la Belgique auprès de la FN Herstal."

Michel Hofman
Chef de la Défense

Cette aide, qui sera sur la table du conseil des ministres vendredi, devrait s'élever au total à environ 90 millions d'euros, indique-t-on à bonne source. C'est quasiment autant que ce qui a déjà été fourni en équipements militaires à l'Ukraine par notre pays depuis l'agression russe.

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Fournisseurs nationaux

Ce nouveau paquet comprend des armes antiaériennes, de lutte antichar, des munitions et des fusils d'assaut. Une grosse partie de la nouvelle livraison proviendra des dépôts de la Défense, mais certains éléments seront achetés par la Belgique auprès de fournisseurs nationaux, principalement le fabricant d'armes légères FN Herstal, détenu par la Région wallonne. Il est question ici des fusils d'assaut Scar, qui sont en train de remplacer dans l'armée belge les anciens FNC, dont plusieurs milliers d'exemplaires ont déjà été fournis aux Ukrainiens.

Le Scar est en train de remplacer dans l'armée belge les anciens FNC. ©Bloomberg

Le Scar, acronyme de "Special Operations Forces Combat Assault Rifle", est un fusil modulaire disponible en deux calibres qui est aussi utilisé par plusieurs armées étrangères, dont les forces spéciales américaines et certaines unités françaises. "Ils ne seront pas prélevés sur la dotation de l'armée belge, mais achetés par la Belgique auprès de la FN Herstal", a confirmé l'amiral Hofman à quelques journalistes en marge de sa réception de Nouvel An. La nouvelle liste comprend également des mitrailleuses Minimi (5,56mm) et M2 (12,7 mm), qui ont déjà été livrés à l'Ukraine en 2022, ainsi que des munitions de différents calibres, sans que l'on sache s'il s'agit de stocks ou de nouveaux achats.

Un peu d'imagination

La Défense compte envoyer des missiles air-air américain de moyenne portée AIM-120 AMRAAM.

Les entrepôts de l'armée belge étant pour la plupart vides, la Défense a dû faire preuve d'imagination pour trouver ce qu'il était encore possible de fournir aux Ukrainiens. L'Amiral Hofman a ainsi expliqué que la Belgique comptait envoyer des missiles air-air américains de moyenne portée AIM-120 AMRAAM. Ces engins à guidage radar actif qui équipent nos F-16 seront intégrés sur des systèmes antiaériens terrestres Nasams, dont certains sont déjà déployés en Ukraine.

Le Nasams est un système sol-air déployé sur une plateforme associée à un radar tridimensionnel, qui peut être utilisé contre des avions, des hélicoptères, des drones et des missiles de croisière. Il est développé et fabriqué par le groupe norvégien Kongsberg Defence et l'américain Raytheon (pour les missiles). Considéré comme l'un des systèmes antiaériens le plus perfectionnés au monde, il peut toucher une cible à une distance d’environ 150 kilomètres. Washington a en déjà envoyé plusieurs exemplaires en Ukraine, le Canada a annoncé qu'il allait en faire de même, tandis que le Royaume-Uni a indiqué avoir fourni des missiles AMRAAM pour compléter les stocks.

La Défense belge n'a pas fourni de détails sur le nombre de missiles qui seront envoyés en Ukraine. Fin 2022, les USA avaient fait savoir qu'ils avaient donné leur feu vert à l'acquisition par la Belgique de 120 nouveaux AMRAAM, dans leur version la plus moderne adaptée tant au F-16 qu'au F-35, pour un coût de 380 millions de dollars

La Belgique n'enverra pas de chars lourds, qui ont été retirés de son arsenal en 2014.

Selon nos informations, la Défense ajoutera également des postes de tir pour missiles sol-air français à courte portée Mistral, mais sans les missiles, l'armée ayant épuisé tous ses stocks depuis des années. Plusieurs pays, dont la France et la Norvège, ont livré à Kiev des missiles de ce type.  

En revanche, la Belgique n'enverra pas de chars lourds, qui ont été retirés de son arsenal en 2014 et revendus à des entreprises belges à très bon marché (10.000 à 15.000 euros pièce). La Défense a certes examiné la possibilité de racheter ses anciens Leopard I, des engins de conception allemande, mais cette piste se heurte à plusieurs obstacles, dont leur modernisation et le prix qui serait demandé par la société OIP pour les céder. Le dossier n'est toutefois pas complètement enterré, selon l'amiral Hofman. "Nous avons demandé à des entreprises belges comme John Cockerill Defense de se pencher sur leur éventuelle modernisation, mais comme il s'agit d'un modèle plus ancien, antérieur au Leopard II, l'Allemagne et ses entreprises ont été chargées de réaliser un inventaire en Europe pour voir ce qu'il était éventuellement possible de faire en commun", a indiqué le patron de l'armée.

Selon lui, le même exercice a été réalisé avec certains industriels pour les véhicules de défense antiaérienne Gepard, qui sont toujours dans les hangars d'OIP, mais après évaluation, il est apparu que leur remise en état "posait trop de problèmes".

Le résumé
  • Un nouveau paquet d'aide militaire pour l'Ukraine d'environ 90 millions est en discussion au sein du gouvernement.
  • Certains équipements seront achetés par la Belgique auprès de fournisseurs nationaux, principalement le fabricant d'armes légères FN Herstal.
  • La Défense va aussi fournir des missiles air-air utilisés sur ses F-16, qui seront adaptés pour les systèmes antiaériens terrestres Nasams, dont certains sont déjà déployés en Ukraine.
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