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Poutine en Iran, à la recherche d'alliés

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue iranien Ebrahim Raïssi, le 19 juillet à Téhéran. ©via REUTERS

La Russie, la Turquie et l'Iran étaient en sommet mardi à Téhéran. Le président Poutine a évoqué des "progrès" dans les négociations sur la levée du blocus russe sur les exportations de céréales ukrainiennes.

Les dirigeants de la Russie, de Turquie et d'Iran se sont rencontrés mardi à Téhéran lors d'un sommet qui devait être consacré au processus de paix en Syrie. La tripartie a été rattrapée par la guerre en Ukraine et les négociations de la levée du blocus russe sur l'exportation de céréales ukrainiennes. C'était aussi la première visite internationale du président russe Vladimir Poutine, hors des territoires de l'ex-URSS, depuis qu'il a ordonné l'invasion de l'Ukraine le 24 février.

Crise en Syrie

Une offensive turque en Syrie serait "définitivement préjudiciable pour la Syrie, la Turquie et la région".
Ali Khamenei
Guide suprême iranien

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a rencontré en premier lieu son homologue iranien, Ebrahim Raïssi, puis le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Leurs entretiens ont porté sur la crise en Syrie. Depuis 2017, la Turquie veut imposer une "zone de sécurité" de 30 kilomètres à l'intérieur des terres syriennes afin d'isoler les forces kurdes considérées comme terroristes. Ankara projette une nouvelle opération dans cette zone, et espérait obtenir l'accord de Moscou et Téhéran.

Ali Khamenei a estimé qu'une offensive dans cette région serait "définitivement préjudiciable pour la Syrie, la Turquie et la région". Il a toutefois promis à Erdogan un soutien dans la lutte contre le terrorisme.

Exportation des céréales

La question syrienne a été estompée par la crise ukrainienne. Le président Erdogan a rencontré Vladimir Poutine pour s'entretenir de l'accord en vue sur l'exportation de millions de tonnes de céréales ukrainiennes bloquées dans les ports de la mer Noire par la Russie.

C'était le premier tête-à-tête entre Erdogan et Poutine depuis l'invasion. La Turquie, membre de l'Otan, veut profiter de ses relations privilégiées Moscou pour jouer les médiateurs.

Après la rencontre, le président Poutine a évoqué des "progrès" dans les négociations. "Grâce à votre médiation, nous sommes allés de l'avant", a-t-il déclaré au président turc, en le remerciant

La Turquie, la Russie, l'Ukraine et les Nations unies ont mené ces dernières semaines des négociations pour débloquer cette situation qui pourrait entraîner une famine dans le monde. Un accord serait en vue, mais Ankara fait état de "petits détails" encore à régler.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie, deux grands producteurs mondiaux de céréales, a fait monter les prix des produits alimentaires. Pas moins de 20 millions de tonnes de céréales sont actuellement bloquées dans les ports ukrainiens.

20
millions de tonnes de céréales
Pas moins de 20 millions de tonnes de céréales sont actuellement bloquées dans les ports ukrainiens par la marine russe.

L'UE se montre plutôt optimiste, mais Kiev, qui n'a plus aucune confiance en Poutine, ne croit pas en un accord.

Lors de leur rencontre, Erdogan et Poutine ont aussi discuté de la possibilité qu'Ankara paie son énergie à Moscou dans une autre devise que le dollar.

Poutine cherche des alliés

Russes et Iraniens partagent aussi une même crainte face à l'émergence d'un bloc entre les Etats-Unis, les pays arabes et Israël.

La visite du président russe visait surtout à rompre l'isolement international dans lequel la guerre en Ukraine le plonge. Pour cela, l'Iran est un candidat idéal, à côté de la Chine et l'Inde, deux autres alliés de la Russie face à l'Occident.

Téhéran est, comme Moscou, isolée par des sanctions internationales. L'Iran livre un bras de fer avec les États-Unis et l'Europe autour de son programme de recherche nucléaire. Les négociations sur l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien sont au point mort depuis mars.

Russes et Iraniens réprouvent aussi l'émergence d'un bloc entre les États-Unis, les pays arabes et Israël, renforcé par la récente visite dans la région du président américain Joe Biden.

Mais le rapprochement entre les deux régimes autocrates n'est pas total. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les exportations de pétrole d'Iran vers la Chine ont reculé, au profit de la Russie. Et cela coûte cher à Téhéran.

Le résumé

  • Le président russe Vladimir Poutine a débarqué mardi en Iran, pour sa première visite internationale hors territoire de l'ex-URSS depuis l'invasion de l'Ukraine.
  • Le point principal à l'ordre du jour, la Syrie, a été estompé par la guerre en Ukraine. Une réunion a eu lieu entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et Poutine autour des négociations sur la levée du blocus russe sur les exportations de céréales ukrainiennes.
  • Pour le président Poutine, isolé depuis l'invasion, l'objectif de ce déplacement était de s'afficher avec des alliés.

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